Maroc : seulement 0,7 point de croissance au T4 hors agriculture et services
La croissance économique marocaine devrait atteindre 4,7 % au quatrième trimestre 2026. Toutefois, cette dynamique resterait largement tributaire de l’agriculture et des services, dont la contribution cumulée avoisinerait 4 points. Hors de ces deux secteurs, les autres activités économiques ne contribueraient qu’à hauteur d’environ 0,7 point, selon les prévisions retenues.
Note de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Sous l’hypothèse centrale d’une relative stabilité des prix de l’énergie et en l’absence de nouveaux chocs majeurs, l’activité économique devrait poursuivre son expansion au rythme de 4,7% au quatrième trimestre 2026. Cette amélioration reposerait, principalement, sur le rattrapage progressif des industries extractives et activités y afférentes, à mesure que leurs travaux d’entretien engagés aux deuxième et troisième trimestres s’achèvent et que les exportations se réajustent au nouveau cycle de reconstitution des stocks d’engrais dans les pays de l’Amérique Latine et de l’Afrique. La croissance resterait, en outre, largement portée par l’agriculture et les services, dont la contribution cumulée avoisinerait 4 points au quatrième trimestre 2026.
La demande intérieure continuerait à soutenir la croissance à fin 2026. La consommation des ménages devrait s’améliorer de 4,3% au quatrième trimestre 2026, en variation annuelle, sur fond du maintien des conditions attractives de financement bancaire et d’une reconduction des mesures budgétaires visant à contenir la propagation de l’inflation énergétique. À cette orientation favorable, s’ajouterait un accroissement prévu de l’investissement de 6,8%, impulsé par les grands projets d’infrastructure.
Ce scénario de croissance demeure, toutefois, exposé à des aléas. Une nouvelle intensification des tensions au Moyen-Orient, conjuguée au renforcement des contraintes d’accessibilité économique durant la période hivernale, pourrait provoquer un surcroît de pressions inflationnistes contraignant lourdement les capacités de production et la croissance économique.
À l’inverse, la levée des contraintes d’approvisionnement en matières premières énergétiques au Moyen-Orient et le repli des prix du pétrole soutiendraient un scénario de croissance plus favorable, situant la progression du PIB aux environs de 5,3% au lieu de 4,7% au quatrième trimestre 2026. Dans ce scénario, le redressement plus soutenu des industries chimiques soutiendrait la reprise industrielle (+1,6%), tandis que l’agriculture et les services resteraient les principaux moteurs de l’activité. Le reflux des prix énergétiques et alimentaires favoriserait, par ailleurs, une amélioration du pouvoir d’achat des ménages, créant des conditions plus favorables à la consommation et la stabilisation des taux d’intérêt contribuerait, en parallèle, à préserver les trésoreries des entreprises et à soutenir la formation brute de capital.

