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Cyberattaques en Afrique : une hausse de 421 % en dix ans

Entre 2016 et 2025, le nombre d’utilisateurs du mobile money en Afrique a été multiplié par 5,9, celui des services bancaires numériques par 4,7, tandis que le commerce électronique a progressé de 5,3 fois. Cette transformation accélérée porte l’économie africaine des paiements numériques vers un marché estimé à 1 500 milliards de dollars à l’horizon 2030. Mais cette croissance s’accompagne d’une intensification des cybermenaces, susceptible de fragiliser les progrès réalisés.

Dans un livre blanc commandé par Mastercard et intitulé Africa’s Digital Defense Race, le groupe souligne que le renforcement de la cyberrésilience, la réduction du déficit de compétences spécialisées et une coopération accrue entre les acteurs publics et privés sont essentiels pour sécuriser l’avenir numérique du continent.

« La croissance numérique de l’Afrique crée de réelles opportunités pour les populations et les entreprises. Sa protection est désormais une priorité stratégique », affirme Shabir Ahmed, vice-président senior et responsable du Customer Solutions Center pour l’Afrique chez Mastercard.

Face à des menaces toujours plus sophistiquées et coordonnées, il estime qu’une réponse collective est indispensable. Dans cette perspective, Mastercard a lancé l’Africa Cybersecurity Center of Excellence, une plateforme destinée à favoriser le partage de renseignements sur les menaces, de connaissances et de bonnes pratiques entre les secteurs public et privé.

Plus de 69 000 événements cyber recensés en 2025

Selon les données de Mastercard Cyber Insights citées dans le rapport, 69 236 événements cyber visant des organisations africaines ont été recensés en 2025, soit environ un événement toutes les huit minutes.

Entre 2016 et 2025, les cyberattaques sur le continent ont augmenté de plus de 421 %, contre 307 % à l’échelle mondiale.

Les risques varient selon les marchés et la structure de leurs économies numériques. Le Nigeria, qui abrite l’un des écosystèmes fintech les plus importants d’Afrique, représente une part significative des cyberattaques observées sur le continent. En Afrique du Sud, la concentration du secteur financier en fait également une cible majeure : le pays a représenté 12,6 % des attaques recensées en Afrique.

Le Maroc, présenté comme un pôle technologique régional reliant l’Afrique du Nord à l’Europe, dispose pour sa part d’un cadre institutionnel de gouvernance de la cybersécurité parmi les plus structurés du continent, selon le rapport.

Les secteurs technologique, public et financier en première ligne

Les secteurs des technologies, des services publics et des services financiers concentrent à eux seuls 44 % des activités cyber observées. Cette exposition s’explique notamment par la valeur des données et des services qu’ils détiennent, ainsi que par leur rôle central dans le développement numérique du continent.

Les informations personnelles, les données financières et les services destinés aux clients représentent ensemble 27 % des actifs ciblés. Ces chiffres soulignent que la cybersécurité ne concerne pas uniquement les infrastructures informatiques : elle touche également la protection des citoyens, des entreprises et de leurs transactions.

Un déficit de 200 000 spécialistes en cybersécurité

Le manque de compétences constitue l’un des principaux défis identifiés par le livre blanc. L’Afrique compterait environ 200 000 postes non pourvus dans le domaine de la cybersécurité, soit un déficit équivalant à 23 % de ses effectifs actuels dans cette spécialité.

Pour répondre à cette pénurie, l’Africa Cybersecurity Center of Excellence entend favoriser le partage d’expertise entre responsables et équipes de sécurité, tout en aidant les organisations à améliorer leur préparation grâce à des exercices fondés sur des scénarios de crise.

La coopération comme rempart contre les cybermenaces

Les initiatives coordonnées produisent déjà des résultats. Entre juin et août 2025, l’opération Serengeti 2.0 d’Interpol a conduit à 1 209 arrestations dans 18 pays africains et permis de récupérer 97,4 millions de dollars.

Pour Mastercard, la protection de l’économie numérique nécessite une mobilisation conjointe des gouvernements, des institutions financières et des entreprises, quelle que soit leur taille.bizcommunity. Le partage de renseignements sur les menaces, la surveillance des risques et le renforcement des capacités de réponse doivent permettre d’accompagner l’expansion des paiements numériques tout en limitant les vulnérabilités.

L’enjeu est désormais de faire de la cybersécurité une composante à part entière de la stratégie de développement numérique de l’Afrique, afin que l’essor des services financiers et du commerce en ligne puisse se poursuivre dans un environnement de confiance.

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