Economie

L’OPEP prévoit une hausse de 23 % des besoins mondiaux en énergie d’ici 2050

Le monde aura besoin de 23 % d’énergie primaire supplémentaire d’ici 2050, selon le secrétaire général de l’OPEP, Haitham al-Ghais. Face à la croissance démographique, à l’urbanisation et à l’essor de l’intelligence artificielle, il plaide pour des investissements accrus dans les infrastructures pétrolières et gazières, mais aussi dans les autres sources d’énergie.

Le Caire, 12 octobre 2026 (Lusa) – Le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Haitham al-Ghais, a affirmé lundi que « le monde aura besoin de 23 % d’énergie primaire supplémentaire entre aujourd’hui et 2050 ». Il a souligné la nécessité d’investir dans les infrastructures pétrolières et gazières, ainsi que dans d’autres sources d’énergie.

« Nous continuons d’investir dans les pays membres de l’OPEP, dans le pétrole et le gaz, dans les infrastructures nécessaires à ces activités et dans les dispositifs d’assurance dont nous avons besoin. Mais nous investissons également dans d’autres sources d’énergie, car nous estimons que le monde aura besoin de 23 % d’énergie primaire supplémentaire d’ici 2050 », a déclaré Haitham al-Ghais lors de la 25ᵉ édition du Congrès de l’énergie du Conseil mondial du pétrole (WPC), organisé dans la capitale saoudienne.

L’énergie primaire désigne l’énergie directement prélevée dans la nature, comme le pétrole, le vent ou le soleil. L’énergie secondaire résulte de sa transformation, notamment en essence ou en électricité.

Des investissements à anticiper

Lors d’une session ministérielle, le secrétaire général de l’OPEP a insisté sur les délais nécessaires à la mise en place des infrastructures énergétiques. « On ne peut pas dire du jour au lendemain : “Je suis en situation de pénurie et je vais construire une nouvelle raffinerie pour qu’elle commence immédiatement à produire.” Cela ne fonctionne pas ainsi », a-t-il expliqué, rappelant que ce secteur se caractérise par des délais de réalisation longs et exige une planification importante.

Il a souligné qu’il était indispensable d’investir dès aujourd’hui pour assurer la production dans cinq, six ou sept ans, aussi bien dans l’exploration et la production que dans le raffinage et la distribution du pétrole.

Pour justifier cette hausse attendue de la demande énergétique, Haitham al-Ghais a notamment évoqué les évolutions démographiques et économiques. La population mondiale devrait augmenter de près de deux milliards de personnes d’ici 2050, tandis que plus de 1,8 milliard de personnes devraient s’installer dans de nouvelles villes au cours de la même période.

Par ailleurs, si le produit intérieur brut (PIB) mondial progresse de 3 % par an, la taille de l’économie mondiale pourrait doubler par rapport à son niveau actuel.

À ces facteurs s’ajoute l’essor de l’intelligence artificielle (IA), dont les centres de données et les infrastructures numériques nécessiteront d’importantes quantités d’énergie.

Le manque d’investissement en cause

Le responsable de l’OPEP a attribué les tensions actuelles sur l’approvisionnement en diesel, en carburant pour avions et en essence au manque d’investissement dans le secteur. Selon lui, cette situation était prévisible et l’organisation alertait depuis plusieurs années sur les risques liés à l’insuffisance des investissements.

L’OPEP estime que les besoins cumulés d’investissement dans l’exploration et la production, le transport, le stockage, le raffinage et la distribution atteignent 18 000 milliards de dollars. Cela représente, selon les chiffres cités par Haitham al-Ghais, environ 700 milliards de dollars par an.

La croissance de la demande pétrolière revue à la baisse en 2026

Dans un contexte marqué par la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier, l’OPEP a revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande pétrolière pour 2026. Celle-ci devrait progresser de 400 000 barils par jour, contre une estimation initiale de 1,4 million de barils par jour au début de l’année.

Toutefois, l’organisation estime qu’une partie de cette demande a été reportée à 2027. Elle prévoit désormais une hausse de 1,7 million de barils par jour l’année prochaine, en raison notamment de la matérialisation attendue de cette demande différée, a conclu Haitham al-Ghais. agences

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