
Le quintuple Ballon d’or voulait faire lire à Jorge Jesus un texte en huit points devant la presse le présentant comme un joueur du calibre de Pelé ou de Diego Maradona.
Cristiano Ronaldo avait visiblement une idée bien précise pour tourner la page du conflit avec Jorge Jesus. Dans son long communiqué publié mardi soir sur ses réseaux sociaux, le quintuple Ballon d’or raconte une réunion privée avec son sélectionneur, deux jours après la victoire en Norvège (1-2), le 27 septembre dernier, lors de laquelle il n’était pas entré en jeu.
L’objectif était alors d’apaiser les tensions. Le capitaine de la Seleção décrit «un moment intense, très direct, sans aucun filtre», réunion au cours de laquelle Jorge Jesus aurait multiplié les compliments à son égard avant de lui donner une «accolade». Mais le Portugais de 41 ans voulait aller plus loin et obtenir des excuses publiques de son sélectionneur.
«Un bref document a été produit, je l’ai personnellement validé et, à ma connaissance, il a été remis au sélectionneur, comme il l’avait demandé», écrit CR7. Le texte, élaboré avec son entourage, devait être lu en conférence de presse avant le match contre le Danemark. Il comprenait huit points, tous à la gloire de l’attaquant d’Al-Nassr.
1. «J’ai personnellement proposé à Cristiano, sans intermédiaire, un plan pour sa saison en équipe nationale. Ce fut une conversation longue et constructive.»
2. «Je sais à quel point il vit pour et aime l’équipe nationale, et quel poids elle a sur la scène internationale; plus encore, je sais quel poids et quelle influence positive il exerce au sein de l’équipe nationale depuis 24 ans.»
3. «Le plan que j’ai proposé à Cristiano a été accepté.»
4. «Il n’a jamais remis en cause mes choix. Il s’est montré exemplaire, loyal et professionnel.»
5. «Le match contre la Norvège ne figurait pas dans le plan que j’avais établi pour lui. Cependant, j’ai senti qu’il avait réussi à récupérer physiquement après le premier match et je l’ai prévenu que je pourrais être amené à l’aligner. Cristiano a accepté.»
6. «J’ai commis une erreur en faisant s’échauffer un joueur de l’envergure de Pelé ou de Maradona pour ensuite ne pas le faire entrer en jeu. Si c’était à refaire, je ne le ferais pas.»
7. «Pour clore le sujet: je veux Cristiano en équipe nationale. D’ailleurs, je ne le veux pas un peu, je le veux vraiment. Heureusement, lui aussi croit en moi. Il a cru en moi à Al-Nassr et ici aussi.»
8. «Concernant le fait de ne pas avoir salué les supporters. Nous en avons déjà parlé. Celui qui a disputé plus de 230 matches avec l’équipe nationale n’a pas besoin que je lui donne des leçons d’amour pour le Portugal. C’était un moment de frustration qui n’efface rien du tout. C’est le joueur qui signe le plus d’autographes, qui prend le plus de selfies, qui chouchoute le plus les supporters. Ne créons pas de problèmes là où il n’y en a pas. Quand on n’est pas content, on réagit. C’est tout.»
Un retour lié au départ de Jorge Jesus?
Mais Jorge Jesus n’a pas totalement joué le jeu. Le 30 septembre dernier, le technicien de 72 ans a bien repris certains éléments du texte… tout en recadrant publiquement sa superstar.
«Le statut est une chose, mais les règles sont les mêmes pour tout le monde, avait-il lancé face à la presse. C’est moi qui décide. Ceux qui ont travaillé avec moi le savent. Dans un club, c’est le président qui commande, mais c’est moi qui commande l’équipe.»
Cristiano Ronaldo avait alors quitté le rassemblement dans la foulée, malgré l’intervention du président de la Fédération portugaise de football. «C’était la deuxième fois qu’il ne tenait pas sa parole», justifie l’ancien buteur du Sporting Portugal, de Manchester United, du Real Madrid ou encore de la Juventus Turin dans son communiqué.
Toujours en colère contre Jorge Jesus, le natif de Funchal, à Madère, assure toutefois vouloir revenir en sélection et ne pas terminer sa carrière internationale sur cet épisode. Un éventuel retour paraît toutefois difficile à envisager sans un changement de sélectionneur à la tête du Portugal. 20min.ch



