
Le prix va aux « ghostly messengers from space », les messagers fantômatiques de l’espace… les neutrinos. Le lauréat de cette année a participé de manière décisive à la conception de l’IceCube Neutrino Observatory.
Franz Halzen, né en Belgique le 23 mars 1944 et y a fait toutes ses études; aujourd’hui, il travaille aux Etats-Unis, à l’University of Wisconsin-Madison. Il a découvert les neutrinos de haute énergie d’origine astrophysique grâce à une expérience particulière située dans les glaces du pôle sud. Un véritable exploit.
Ces particules sont en effet très difficiles à repérer, car elles n’interagissent quasiment avec rien, traversant la Terre comme si elle n’existait pas. Les neutrinos peuvent nous donner des informations sur les objets très lointains du cosmos.
De nombreux scientifiques ont collaboré au détecteur IceCube, dont la mission est d’observer ces particules insaisissables: sa construction a été terminée en 2011. Quant aux premiers neutrinos de haute énergie, ils ont été détectés pour la première fois en 2013.
« Une grande surprise! »
Le professeur a été joint par téléphone alors qu’il se trouvait en Italie: « C’est une grande surprise! Je voyageais pour un comité », a réagi Francis Halzen. « Merci pour le prix et la présentation qui a été faite. De nombreuses personnes ont participé à ce détecteur en prenant des décisions importantes au fil du temps ».
Il a aussi déclaré avoir eu « beaucoup de chance » et avoir travaillé avec de talentueux et talentueuses collègues. « Cela fait bizarre », a-t-il répondu à la question de savoir quels sentiments cela générait de recevoir le prix Nobel de physique. « A Bergame, la semaine dernière, des collègues m’ont dit que je l’aurais cette année… ça me faisait bizarre, mais là, ça me fait encore plus bizarre de le recevoir! », a-t-il dit, la voix visiblement émue.
Grâce à l’IceCube, « la chose la plus intéressante que nous avons démontré, c’est que les neutrinos existent. C’était le plus grand défi: on ne savait pas si ce détecteur était assez grand pour le faire. Et cela a pris deux ans. Aujourd’hui, on réussi à en comprendre plus sur ces particules: elles semblent venir de trous noirs supermassifs dans notre galaxie », précise-t-il.
Le machine learning avancé a aussi été déterminant selon Francis Halzen durant ces dernières années: « Et l’on va encore faire de nombreuses découvertes ».
Une journaliste dans la salle a demandé si dans 50 ou 100 ans, ces neutrinos pourraient être interprétés et être porteurs d’un message d’une vie extraterrestre: « Certains de mes amis le pensent! Cela pourrait être une façon de communiquer, allez savoir. Mais nous avons des problèmes plus concrets: l’astronomie des neutrinos doit encore faire de gros progrès, plus importants. Mais on va sans doute faire encore de nombreuses découvertes inattendues, c’est souvent ce qui se passe dans ce genre d’expérience. Toutefois, je pense qu’il faudra de plus gros détecteurs ».
Mark Pearce, spécialiste du sujet, au Comité Nobel, explique que cette recherche vient vraiment « de la pure curiosité. La vision de Francis Halzen a été suivie et financée ». Une grande chance pour la recherche fondamentale. rtsinfo



