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Royal Air Maroc face au spectre d’une hausse choc de ses coûts

L’amenuisement historique des réserves de carburant pour l’aviation dans le hub Amsterdam-Rotterdam-Anvers (ARA) crée une onde de choc sur les marchés pétroliers européens. Entièrement dépendant des importations de produits raffinés, le Maroc se retrouve en première ligne face à ce risque d’inflation énergétique, avec des retombées directes sur le secteur aérien et la dynamique touristique nationale.

Une crise d’approvisionnement au cœur de l’Europe

Les données de la firme spécialisée Insights Global tirent la sonnette d’alarme : les stocks indépendants de kérosène (jet fuel) entreposés dans la zone stratégique Amsterdam-Rotterdam-Anvers ont plongé de 4,7 % en une seule semaine. Ce recul place les réserves européennes à leur niveau le plus bas constaté depuis mars 2020.

Cette contraction s’inscrit dans un contexte global de tension sur les distillés moyens : le gazole enregistre une baisse de 1 % (à 1,84 million de tonnes), tandis que le fioul lourd s’effondre de 12,4 % pour atteindre un plancher inédit depuis 2017. Seul l’essence connaît un léger répit (+3,3 %), freiné par le ralentissement de ses flux d’exportation.

L’effet domino sur le marché marocain

Pour le Royaume, l’évolution de la zone ARA n’a rien d’anecdotique. En tant qu’acheteur net de produits pétroliers raffinés, le Maroc subit de plein fouet la corrélation entre les indices européens et ses coûts d’approvisionnement locaux.

Une facture énergétique alourdie
La baisse de la disponibilité du kérosène et du diesel sur les plateformes marchandes européennes tire mécaniquement les cours à la hausse. Les distributeurs nationaux devront composer avec des coûts de cargaison plus élevés, ce qui pèsera sur la balance commerciale du pays et la trésorerie des opérateurs importateurs.

Défis majeurs pour le transport aérien et le tourisme
Le jet fuel représente une part déterminante des coûts de structure des compagnies aériennes. La hausse attendue du prix du kérosène au départ et à destination de l’Europe — premier marché émetteur de touristes pour le Royaume — menace d’enchérir le prix des billets d’avion. Royal Air Maroc (RAM) ainsi que les compagnies low-cost opérant dans le Ciel marocain pourraient être contraintes d’ajuster leurs grilles tarifaires, risquant de freiner la dynamique du secteur touristique national.

    L’urgence de renforcer la souveraineté logistique

    Face à cette vulnérabilité accrue aux chocs extérieurs, la question des capacités de stockage stratégique revient au premier plan du débat économique national. Si le Maroc a engagé des investissements massifs dans la transition énergétique et les infrastructures portuaires — notamment autour des complexes de Tanger Med et de Nador West Med —, la gestion des stocks de sécurité en carburants conventionnels demeure un impératif de souveraineté économique pour amortir les soubresauts des marchés internationaux. Agences

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