
À l’approche de la Coupe du monde 2030, la construction préfabriquée pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour le Maroc, bien au-delà des seules infrastructures sportives. Hôtels, logements, équipements publics, mais aussi sites industriels, data centers, usines pharmaceutiques et parcs logistiques pourraient tirer parti de solutions de construction industrialisées et modulaires.
L’expérience saoudienne apporte un éclairage intéressant. Lors de la conférence « Shaping Mega Projects », organisée le 28 septembre à Riyad, Dale Chadwick, PDG par intérim de la Fondation du Parc du Roi Salman, a estimé que l’Arabie saoudite devra recourir massivement à la préfabrication pour répondre aux besoins en capacités hôtelières liés à la Coupe du monde 2034. « La modularité et la préfabrication sont assurément la solution », a-t-il déclaré.
Pour le Maroc, l’enjeu pourrait être plus large. Le Mondial 2030 peut servir d’accélérateur à la construction industrialisée, dans un contexte marqué par le développement des infrastructures, des zones industrielles, de la logistique et des capacités numériques.
La préfabrication permet notamment de déplacer une partie importante du processus de construction vers des unités industrielles, avant l’assemblage sur site. Une approche susceptible de contribuer à réduire certains délais de chantier, standardiser la qualité et améliorer la capacité à réaliser rapidement des infrastructures répétitives ou modulaires.
Cette évolution pourrait créer un marché pour les industriels marocains capables de produire des éléments préfabriqués à grande échelle : structures, façades, modules techniques, bâtiments industriels ou unités modulaires.
Le véritable enjeu pour le Maroc sera donc de savoir si le Mondial 2030 peut devenir non seulement un chantier d’infrastructures, mais également un accélérateur de l’industrialisation du secteur de la construction.



