
Commerce, industrie, énergie et construction : les retards de paiement touchent plusieurs secteurs stratégiques de l’économie marocaine. Avec 1,331 milliard de dirhams d’amendes sur 53,2 milliards de dirhams de factures, les chiffres révèlent l’ampleur du phénomène et les secteurs les plus exposés.
Les mauvais payeurs continuent de peser sur les entreprises marocaines. La répartition sectorielle des factures et des amendes met en évidence de fortes disparités entre les activités économiques. Si le commerce concentre le plus grand nombre d’entreprises concernées, l’énergie et les industries extractives affichent également des montants de factures particulièrement élevés au regard de leur nombre d’entreprises.
Sur un total de 24 246 effectifs concernés, représentant 53,2 milliards de dirhams de factures, le montant des amendes atteint 1,331 milliard de dirhams. Ces chiffres illustrent l’importance des enjeux liés aux délais de paiement et à la trésorerie des entreprises.
Les secteurs les plus lourds en amendes
| Rang | Secteur | Amendes (MDH) | Poids |
|---|---|---|---|
| 1 | Commerce & Réparation | 303 | 22,8% |
| 2 | Industrie manufacturière | 229 | 17,2% |
| 3 | Prod. & Distrib. Élec./gaz | 195 | 14,7% |
| 4 | Construction | 163 | 12,2% |
| 5 | Industries extractives | 106 | 8,0% |
Le commerce en première ligne
Avec 9 115 effectifs, soit 37,6 % du total, le secteur du commerce et de la réparation arrive largement en tête en nombre d’entités concernées. Il concentre 11,4 milliards de dirhams de factures, soit 21,4 % du montant global, et 303 millions de dirhams d’amendes, représentant 22,8 % du total.
L’industrie manufacturière occupe la deuxième place en matière de factures, avec 9,647 milliards de dirhams, soit 18,1 % du total. Elle enregistre 229 millions de dirhams d’amendes, correspondant à 17,2 % de l’ensemble.
Ces deux secteurs représentent ainsi près de 40 % du montant total des factures et 40 % des amendes, confirmant leur poids dans les difficultés de paiement recensées.
L’énergie et les industries extractives : peu d’acteurs, des factures colossales
Le véritable contraste apparaît dans les secteurs de l’énergie et des industries extractives. La production et la distribution d’électricité et de gaz ne comptent que 95 effectifs concernés, soit 0,4 % du total. Pourtant, les montants de factures atteignent 8,462 milliards de dirhams, soit 15,9 % du total. Les amendes s’élèvent à 195 millions de dirhams, représentant 14,7 % de l’ensemble.
Autrement dit, un nombre très limité d’acteurs concentre une part considérable des montants recensés. Une situation qui souligne le poids financier des grandes opérations dans ces secteurs.
Les industries extractives présentent un profil similaire. Avec seulement 137 effectifs concernés, elles totalisent 4,64 milliards de dirhams de factures et 106 millions de dirhams d’amendes. Elles représentent ainsi 8,7 % des factures et 8 % des amendes.
La construction également sous pression
La construction n’échappe pas à cette situation. Le secteur compte 4 417 effectifs concernés, soit 18,2 % du total. Il cumule 6,037 milliards de dirhams de factures et 163 millions de dirhams d’amendes.
Avec près d’un cinquième des effectifs recensés, le secteur figure parmi les principaux contributeurs aux montants d’amendes. Son poids dans les factures atteint 11,3 %, tandis que sa part dans les amendes s’élève à 12,2 %.
Les transports et l’entreposage affichent, pour leur part, 2,022 milliards de dirhams de factures et 53 millions de dirhams d’amendes, tandis que l’information et la communication totalisent 1,83 milliard de dirhams de factures et 46 millions de dirhams d’amendes.
Des sanctions qui interrogent sur les pratiques de paiement
La répartition des amendes montre que le phénomène ne se limite pas à quelques secteurs. Les activités spécialisées et techniques, les services administratifs, l’hébergement et la restauration ainsi que les activités financières et d’assurance sont également concernés.
Toutefois, les montants des amendes ne suffisent pas, à eux seuls, à mesurer la gravité des retards de paiement dans chaque secteur. Ils doivent être rapportés au nombre d’entreprises, aux montants des factures et aux délais de règlement.
Une chose ressort néanmoins de ces données : les difficultés de paiement ne concernent pas uniquement les petites structures. Les secteurs qui concentrent les montants de factures les plus importants sont également parmi ceux qui enregistrent les amendes les plus élevées.
Avec 1,331 milliard de dirhams d’amendes pour 53,199 milliards de dirhams de factures, la question des délais de paiement demeure un enjeu majeur pour la trésorerie des entreprises et la fluidité des échanges commerciaux au Maroc.
Aller plus loin Rapport Annuel de l’Observatoire des Délais de Paiement



