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Le « Marathon » de la Liquidation de SOGEFINANCEMENT

La décision n°162 de Bank Al-Maghrib (BAM), actant une énième prolongation de la liquidation de SOGEFINANCEMENT jusqu’en mars 2027, soulève des questions sur la fluidité de sortie du marché financier marocain. Ce qui devait être une procédure de routine post-2016 s’est transformé en une décennie de gestion résiduelle.

Nouvelle prolongation de la liquidation de SOGEFINANCEMENT

Le gouverneur de Bank Al-Maghrib prolonge d’une année supplémentaire la liquidation de la société SOGEFINANCEMENT, confirmant la complexité du processus de clôture de cet ancien acteur du financement au Maroc. Filiale de Société Générale Maroc, Sogefinancement était spécialisée dans le crédit à la consommation, un segment très concurrentiel du marché financier marocain.

Une liquidation qui s’éternise

Par décision n°162, datée du 9 mars 2026, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a acté une nouvelle prolongation d’un an du délai de liquidation de SOGEFINANCEMENT.

Cette société de financement avait déjà fait l’objet de plusieurs étapes successives :

  • retrait d’agrément en 2016
  • premières extensions de liquidation en 2019
  • nouvelle prolongation en 2022
  • puis encore en 2026

Une trajectoire longue qui illustre la difficulté de clôturer certaines entités financières.

Un cadre réglementaire strict

La décision s’appuie sur la loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, qui encadre :

  • les procédures de retrait d’agrément
  • la liquidation des sociétés financières
  • la protection des créanciers et des déposants

Pourquoi la liquidation prend du temps ?

Selon le texte, le délai initial de liquidation arrivait à échéance le 19 mars 2026, sans que toutes les opérations aient été finalisées.

Pourquoi dix ans ? La réponse réside souvent dans la nature de l’actif.

  • Créances contentieuses : Les dossiers de crédit à la consommation en souffrance nécessitent des années de procédures judiciaires avant d’être totalement apurés ou passés en pertes.
  • Garanties et cautions : La mainlevée sur certaines garanties peut être bloquée par des litiges tiers, empêchant la clôture définitive du bilan.

Le gouverneur de la Banque Centrale privilégie systématiquement la protection des créanciers. Dans le cadre de la Loi n° 103.12, BAM préfère maintenir une entité sous perfusion juridique plutôt que de risquer un vide réglementaire.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation :

  • complexité des actifs à liquider
  • apurement des engagements financiers
  • gestion des créances résiduelles
  • procédures juridiques et administratives longues

Résultat : un prolongement jugé nécessaire pour finaliser proprement la sortie du marché.

Sogefinancement parmi les derniers à se conformer au relèvement du capital minimum

En 2012, les établissements de crédit à la consommation ont dû se conformer à une réforme réglementaire majeure imposée par Bank Al-Maghrib. Objectif : renforcer la solidité financière du secteur.

Une augmentation obligatoire du capital

Dans le cadre d’un dispositif réglementaire entré en vigueur après une circulaire de Bank Al-Maghrib (avril 2011), les sociétés de crédit à la consommation devaient porter leur capital minimum de 20 à 50 millions de dirhams avant août 2012.

Sogefinancement a répondu à cette exigence en procédant à une augmentation de capital :

  • passage de 30 MDH à 50 MDH
  • émission de 200 000 actions nouvelles
  • valeur nominale de 100 dirhams par action

Une filiale stratégique du groupe Société Générale Maroc

Créée en 2004, Sogefinancement occupait une position particulière dans le paysage financier marocain :

  • elle portait les encours de crédit à la consommation distribués via sa maison mère
  • elle affichait un encours d’environ 1,5 milliard de dirhams en 2011
  • elle bénéficiait du soutien d’un grand groupe bancaire international

Un profil qui lui a permis d’absorber sans difficulté la hausse de capital exigée.

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