Sucre: Les prix mondiaux tombent à leur plus bas en cinq ans

Une analyse révèle une baisse de 25 % des prix mondiaux du sucre en 2025, atteignant leur niveau le plus bas depuis cinq ans, à 418 dollars la tonne. Ce recul s’explique par l’abondance de l’offre mondiale et par les prévisions d’une production mondiale record sur dix ans, estimée à 182 millions de tonnes, soutenue par l’amélioration de la production au Brésil, premier producteur et exportateur mondial, ainsi que par la reprise de la production en Inde, accompagnée d’un retour des excédents exportables après trois années de restrictions.
Selon cette analyse réalisée par Maal , le prix moyen mondial du sucre est tombé la semaine dernière à environ 418 dollars la tonne (hors fret), contre près de 560 dollars la tonne fin 2024, soit une baisse de 25 %, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis mars 2020, lorsqu’il s’établissait à 308 dollars la tonne. Cette correction intervient après une période de hausses record, les prix ayant culminé à 760 dollars la tonne en novembre 2023, dans un contexte marqué par les craintes d’un recul de la production au Brésil en raison de la sécheresse et des incendies ayant touché les zones agricoles, ainsi que par la décision de l’Inde d’interdire ses exportations de sucre début 2023 en raison de la baisse de la production et de l’incertitude sur les perspectives. À ce titre, les prix actuels restent inférieurs d’environ 45 % à leurs niveaux records de fin 2023.
À l’échelle mondiale, et selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’indice mondial des prix du sucre a reculé d’environ 13 % en 2025, s’établissant à 90,7 points, contre 104,3 points fin décembre 2024, poursuivant ainsi sa baisse pour la deuxième année consécutive, après avoir atteint un pic annuel historique en 2023 à 145 points.
Dans un contexte marqué par les prévisions d’une abondance des approvisionnements mondiaux en sucre, soutenues par les bons progrès de la récolte et par des perspectives de production favorables en Inde, les pressions haussières sur les prix mondiaux se sont atténuées. Sur l’ensemble de l’année 2025, la moyenne de l’indice FAO des prix du sucre s’est établie à 104,3 points, en baisse de 21,4 points, soit un recul de 17 % par rapport à 2024, enregistrant ainsi son plus bas niveau annuel moyen depuis 2020, dans un contexte de volumes abondants disponibles à l’exportation.
Le Brésil demeure le premier producteur et exportateur mondial de sucre, représentant environ 50 % des exportations mondiales, suivi par la Thaïlande (13 %), puis par l’Inde (4 %), qui devrait retrouver sa place de deuxième exportateur mondial après le Brésil suite à la levée progressive de l’interdiction d’exportation. L’Inde avait perdu cette position au profit de la Thaïlande ces dernières années en raison des restrictions imposées à ses exportations, liées au recul de la production locale et à la lutte contre l’inflation intérieure. Toutefois, l’amélioration des conditions climatiques et de la production cette année devrait inciter le gouvernement indien à lever progressivement les restrictions à l’exportation.
Il est à noter que la levée par l’Inde de l’interdiction d’exportation du sucre a entraîné une baisse de 32 % des prix mondiaux en 2024, malgré les inquiétudes liées à la sécheresse ayant affecté la récolte au Brésil. Néanmoins, les anticipations d’une amélioration de la production brésilienne ont contribué à la baisse des prix au cours du mois d’avril en cours.
Selon les données de l’Organisation internationale du sucre, la production mondiale de sucre pour la campagne 2025/2026 devrait atteindre environ 181 millions de tonnes, contre 175 millions de tonnes la saison précédente. Dans le même temps, la consommation mondiale devrait progresser à 180,8 millions de tonnes, contre 180 millions de tonnes la saison passée, ce qui traduit une forte réduction du déficit entre production et consommation enregistré au cours des dernières années.



