AutomobileEntreprises

Crise chez Stellantis : l’abandon des hybrides et le plongeon industriel en Italie

Stellantis annonce l’arrêt de la production de la Pacifica, ainsi que de deux autres véhicules hybrides rechargeables.

Stellantis annonce l’abandon progressif de ses véhicules hybrides rechargeables en Amérique du Nord à compter de cette année.

Sam Fiorani, un expert du domaine automobile, est d’avis que l’abandon progressif des programmes de véhicules hybrides rechargeables de Stellantis n’aura que peu ou pas d’impact sur l’emploi à son usine de Windsor.

 Stellantis se concentrera sur des solutions électrifiées plus compétitives, notamment les véhicules hybrides et à autonomie étendue, là où elles répondent le mieux aux besoins des clients, confirme LouAnn Gosselin par courriel à CBC Windsor.

Les véhicules hybrides rechargeables sont équipés de moteurs à combustion interne traditionnels, mais offrent également une autonomie entièrement électrique lorsqu’ils sont rechargés comme un véhicule électrique.

L’annonce de Stellantis survient quelques semaines après la publication de ses résultats pour 2025, qui révèlent une hausse significative des ventes canadiennes des Chrysler Pacifica et Grand Caravan par rapport à 2024.

Sam Fiorani, vice-président des prévisions mondiales du secteur automobile chez AutoForecast Solutions, estime que la modification de la réglementation sur les émissions par l’administration américaine du président Donald Trump a joué un rôle majeur dans la décision de Stellantis.

Le président Trump a proposé de réduire drastiquement les normes d’économie de carburant que le président JoeBiden avait finalisées en 2024, afin de faciliter la vente de voitures à essence par les constructeurs automobiles.

M. Fiorani croit que le fait que les constructeurs n’aient plus à payer pour les dépassements de leurs émissions de carbone signifie que des entreprises comme Stellantis n’ont plus besoin de fabriquer des hybrides rechargeables.

Aucun impact significatif sur Windsor?

M. Fiorani est d’avis que l’abandon progressif des programmes de véhicules hybrides rechargeables de Stellantis n’aura que peu ou pas d’impact sur l’emploi à son usine de Windsor.

 La demande de minifourgonnettes à l’usine de Windsor est relativement stable. Il n’y a que quelques acteurs sur ce marché : Honda, Toyota, Kia et Chrysler. Stellantis devrait donc produire le même nombre de véhicules, soutient-il.

 L’an dernier, ils n’ont produit que 8800 hybrides rechargeables, et cette partie de la capacité de l’usine servira très probablement à la production de Pacifica standard à l’avenir, ajoute M. Fiorani.

Je ne pense pas que l’élimination de la version hybride rechargeable de la Pacifica réduira la production de l’usine [de Windsor] de manière significative.Une citation deSam Fiorani, vice-président des prévisions mondiales du secteur automobile, AutoForecast Solutions

Rentabilité différée pour l’usine de batteries

M. Fiorani indique que, malgré la tendance générale aux véhicules électriques, Windsor devrait connaître une rentabilité différée de son usine de batteries NextStar Energy.

 Nous allons voir davantage de véhicules électriques et hybrides au cours des dix à vingt prochaines années, mais pas aussi rapidement que le souhaitait l’administration Biden , affirme-t-il..

Les pays du monde entier visaient une flotte entièrement électrique d’ici 2035. Cet objectif était irréalisable, mais maintenant, quel que soit le calendrier initial, il a été repoussé. L’électrification s’étalera donc jusqu’aux années 2040.Une citation deSam Fiorani, vice-président des prévisions mondiales du secteur automobile, AutoForecast Solutions

Radio-canada

La production automobile de Stellantis en Italie s’est effondrée de 25% l’an dernier

Avec seulement 379.000 véhicules sortis des usines italiennes de Stellantis l’an dernier, la production se rapproche de ceux réalisait Fiat dans les années 50, s’inquiètent les syndicats.

Un plongeon historique. En 2025, la production automobile de Stellantis en Italie a chuté de 25% sur un an, avec un nouveau patron, Antonio Filosa, qui a limité la casse pour ses débuts à la tête du groupe aux 14 marques après le départ de Carlos Tavares.

Retour en 1955

À fin septembre, la production de voitures particulières enregistrait en effet une chute de 36% depuis le début de l’année. Finalement, le lancement de production de deux nouveaux modèles a permis de finir 2025 avec une baisse de « seulement » 20% (en incluant les fourgonettes), note Bloomberg, reprenant des chiffres du syndicat italien FIM-CISL.

La production totale, en incluant les utilitaires légers, s’est établie à 379.706 unités, dont 213.706 voitures particulières. Du jamais-vu depuis le milieu des années 50, lorsque Fiat, une des marques phares du groupe Stellantis, produisait près de 230.000 voitures en 1955.

Le groupe a notamment lancé la production d’une nouvelle Fiat 500 hybride dans son usine de Mirafiori à Turin fin novembre, ainsi que celle du nouveau Jeep Compass à Melfi, dans le sud du pays.

De quoi redresser un peu la production automobile en Italie, alors que de nombreux modèles récents comme la Fiat 600 ou la Grande Panda sont assemblés en Pologne et en Serbie.

Avec le succès actuel des motorisations hybrides, Fiat prévoit un volume de production de 100.000 unités pour cette nouvelle version de la 500 produite à Turin et qui doit corriger le tir de la baisse des ventes de sa version 100% électrique.

En France, une hausse attendue malgré l’incertitude à Poissy

Globalement, la production automobile en Italie a diminué de moitié par rapport au plus récent pic enregistré en 2023, à 750.000 unités. Un niveau déjà historiquement bas alors que le pays dépassait avant le covid le million d’unités.

Plusieurs usines ont été mises à l’arrêt provisoirement l’an dernier, à Cassino pendant 105 jours, mais aussi à Termoli. Les syndicats s’inquiètent par exemple de la concurrence de la citadine T03 de Leapmotor, partenaire chinois de Stellantis, face à la Pandina (la Panda de troisième génération) encore assemblée à Melfi.

En France, la production de Stellantis avait atteint un point bas en 2024, avec seulement 565.000 véhicules particuliers et utilitaires, soit 20% de moins que le niveau attendu. Sous réserve des chiffres définitifs, les prévisions misait sur un redressement en 2025, à plus de 650.000 unités, notamment avec le lancement de nouveaux modèles comme le Citroën C5 Aircross à Rennes, ou la montée en cadence des Peugeot 3008 et 5008.

La tendance reste malheureusement orientée à la baisse ces prochaines années, surtout avec la situation difficile actuellement à Poissy. La dernière usine d’automobile d’Ile-de-France a connu aussi une pause dans sa production il y a quelques mois et ne sait pas encore si la production sera maintenue après 2028.

Des réponses pour les usines en Italie comme en France seront attendues lors de la présentation du nouveau plan stratégique de Stellantis, prévu pour la fin du premier semestre 2026.

BFM Business

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page