
Pour la première fois depuis un an, les prix alimentaires mondiaux ont légèrement rebondi en avril, sous l’effet d’une envolée des prix du sucre, a indiqué, vendredi, l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L’Indice FAO des prix des produits alimentaires* s’est établi en moyenne à 127,2 points en avril 2023, soit 0,8 point (0,6 pour cent) de plus qu’en mars et 31,2 points (19,7 pour cent) de moins que sa valeur enregistrée au même mois l’année dernière. Le léger rebond de l’indice en avril est dû en premier lieu à une nette hausse de l’indice des prix du sucre, ainsi qu’à une remontée de l’indice des prix de la viande, tandis que les indices des prix des céréales, des produits laitiers et des huiles végétales ont continué à reculer.
» L’Indice FAO des prix du sucre s’est établi en moyenne à 149,4 points en avril, soit 22,4 points (17,6 pour cent) de plus qu’en mars. Il s’agit de la troisième hausse mensuelle consécutive de l’indice, qui atteint son plus haut niveau depuis octobre 2011. Cette montée en flèche des prix est principalement liée au fait que les craintes d’un resserrement des disponibilités mondiales pendant les campagnes de 2022-2023 se sont avivées après plusieurs révisions à la baisse apportées aux prévisions de production de l’Inde et de la Chine, ainsi qu’en raison d’une production plus faible que prévu en Thaïlande et dans l’Union européenne. Malgré des perspectives positives pour les cultures de canne à sucre au Brésil en 2023, le démarrage lent de la récolte dû à des précipitations au-dessus de la moyenne a également contribué à l’affermissement des prix. La hausse des prix internationaux du pétrole brut et l’appréciation du réal brésilien face au dollar des États-Unis ont également contribué à l’augmentation globale des prix mondiaux du sucre.
» L’Indice FAO des prix des céréales a enregistré une valeur moyenne de 136,1 points en avril, soit une baisse de 2,4 points (1,7 pour cent) depuis mars et un niveau inférieur de 33,5 points (19,8 pour cent) à sa valeur d’il y a un an. Une baisse mensuelle des prix mondiaux de toutes les principales céréales a compensé une hausse des prix du riz sur la même période. Les prix internationaux du blé ont cédé 2,3 pour cent en avril et sont tombés à leur niveau le plus bas depuis juillet 2021, principalement sous l’effet de l’abondance des disponibilités exportables en Fédération de Russie et en Australie. Les conditions de culture favorables en Europe, ainsi que la conclusion, fin avril, d’un accord permettant aux céréales ukrainiennes de transiter par les pays de l’Union européenne qui avaient imposé des restrictions à l’importation de céréales en provenance d’Ukraine au début du mois, ont également contribué à l’assouplissement général des marchés. Les prix mondiaux du maïs ont eux aussi reculé en avril, de 3,2 pour cent, en grande partie en raison de la hausse saisonnière des disponibilités en Amérique du Sud, où les récoltes se sont poursuivies et les perspectives favorables laissent envisager une production record au Brésil. Pour ce qui est des autres céréales secondaires, les prix mondiaux de l’orge et du sorgho ont eux aussi fléchi, respectivement de 4,3 et 0,3 pour cent, du fait d’une demande mondiale en berne et des répercussions de la faiblesse des marchés internationaux du maïs et du blé. En revanche, les ventes aux acheteurs asiatiques ont fait remonter les prix internationaux du riz au mois d’avril, inversant ainsi la tendance à la baisse des cours du riz à l’exportation enregistrée en mars 2023.
» L’Indice FAO des prix des huiles végétales a affiché une valeur moyenne de 130,0 points en avril, soit 1,8 point (1,3 pour cent) de moins qu’en mars, ce qui marque son cinquième mois consécutif de baisse. La poursuite de la baisse de l’indice des prix s’explique par les effets conjoints de la stabilité des prix mondiaux de l’huile de palme et du recul des cours des huiles de soja, de colza et de tournesol. Après un rebond de courte durée en mars, les prix internationaux de l’huile de palme sont restés quasiment inchangés en avril, car la pression à la baisse due à une demande à l’importation atone dans les principaux pays importateurs a été contrebalancée par les effets haussiers de l’offre relativement limitée chez les principaux producteurs. En revanche, les prix mondiaux de l’huile de soja ont continué à reculer, tirés dans l’ensemble vers le bas sous la pression de la récolte saisonnière de soja, qui pourrait atteindre un niveau record au Brésil, malgré des perspectives de production en net retrait en Argentine. Par ailleurs, les prix internationaux des huiles de colza et de tournesol ont eux aussi continué à fléchir, principalement en raison de disponibilités exportables toujours aussi abondantes dans le monde.
» L’Indice FAO des prix des produits laitiers s’est établi en moyenne à 124,6 points en avril, soit 2,2 points (1,7 pour cent) de moins qu’en mars et 22,1 points (15,1 pour cent) de moins que son niveau enregistré il y a un an. En avril, les prix internationaux des laits en poudre ont diminué pour le dixième mois de suite, principalement parce que la demande mondiale à l’importation continue d’être peu soutenue. La hausse des achats de la Chine et le déclin saisonnier de l’offre en Nouvelle-Zélande ont empêché un recul plus marqué des prix mondiaux du lait entier en poudre, tandis que l’augmentation de l’offre actuelle en Europe de l’Ouest a accentué la pression à la baisse sur les prix du lait écrémé en poudre. Les prix du fromage ont eux aussi fléchi, en grande partie parce que les disponibilités exportables sont élevées en Europe de l’Ouest, où davantage de lait est orienté vers la production de fromage dans un contexte de hausse saisonnière de la production laitière. En revanche, les prix mondiaux du beurre sont restés globalement stables, l’accroissement de l’offre ayant été globalement suffisant pour répondre à la croissance de la demande à l’importation de livraisons à court et long termes.
» L’Indice FAO des prix de la viande* a affiché une valeur moyenne de 114,5 points en avril, soit 1,5 point (1,3 pour cent) de plus qu’en mars. À ce niveau, il se situe à 7,4 points (6,1 pour cent) en dessous de sa valeur enregistrée au même mois l’année dernière. En avril, ce sont les cours internationaux de la viande porcine qui ont accusé la plus forte hausse, sous l’effet d’une augmentation des achats à l’importation de la part des pays asiatiques et d’une offre toujours limitée dans plusieurs des principaux pays exportateurs qui est due à des coûts de production élevés et à des problèmes de santé animale. Par ailleurs, les prix mondiaux de la viande de volaille ont rebondi, après neuf mois de baisse consécutifs, car la demande à l’importation s’est accrue en Asie, tandis que l’offre est restée limitée dans de nombreuses régions en raison d’une vague d’épidémies de grippe aviaire. Les prix internationaux de la viande de bovins ont eux aussi progressé, à la suite de la baisse de l’offre de bétail destiné à l’abattage, en particulier aux États-Unis d’Amérique. Les prix de la viande d’ovins sont quant à eux restés globalement stables, car le niveau élevé des disponibilités exportables en Océanie a presque permis de répondre à la hausse des importations dans les pays d’Asie et du Moyen-Orient.