T1 2026 : Lesieur Cristal pris en étau entre prix et crise de liquidité

Derrière la posture résiliente affichée par la direction, les chiffres parlants d’un début d’exercice marqué par une érosion des revenus et une alerte majeure sur le cash.
Le premier trimestre 2026 confirme le durcissement de l’environnement macroéconomique pour Lesieur Cristal. Le chiffre d’affaires consolidé subit un décrochage sévère de -13%, retombant à 1 447 MDh.
Si le management invoque des « ajustements de prix importants sur l’huile de table » pour justifier ce repli, cette baisse met en lumière la vulnérabilité du groupe face à la déflation des cours des matières premières ou à une agressivité concurrentielle accrue. Certes, les efforts commerciaux ont permis de stabiliser les parts de marché sur les segments clés, mais cette défense des volumes s’est faite au détriment de la valeur. Preuve de ce déséquilibre : même le périmètre social (Lesieur Cristal SA), historiquement plus stable, plie et cède 7% à 1 335 MDh.
Trésorerie : 380 MDh brûlés en trois mois
C’est le véritable point noir de cette publication financière. En l’espace d’un trimestre, la trésorerie nette consolidée s’est littéralement effondrée, passant d’un solde confortable de +243 MDh au 31 décembre 2025 à un déficit de -139 MDh au 31 mars 2026.
L’argument des « décaissements liés au cycle d’exploitation » peine à rassurer totalement : une telle vitesse de consommation de cash (un « burn rate » de près de 382 MDh en 90 jours) traduit une forte tension sur le besoin en fonds de roulement (BFR). Le constat est identique en social, où la liquidité fond de 86% pour finir à une marge de manœuvre résiduelle de 49 MDh. Le groupe commence l’année l’essoufflé sur le plan financier.
L’investissement, pari d’avenir
Dans ce tableau contrasté, la direction choisit la contre-attaque stratégique. Les investissements consolidés bondissent de plus de 133%, s’établissant à 14 MDh contre à peine 6 MDh un an plus tôt.



