CommuniquésEconomie

Pétrole : les exportations via Ormuz tombent sous la barre des 10 %

Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé à l’unanimité de mettre 400 millions de barils de pétrole issus de leurs réserves stratégiques à disposition du marché afin de faire face aux perturbations provoquées par la guerre au Moyen-Orient.

Cette décision d’action collective d’urgence a été prise à l’issue d’une réunion extraordinaire des gouvernements membres de l’AIE, convoquée pour évaluer la situation des marchés pétroliers dans le contexte du conflit régional et examiner les solutions permettant de compenser les ruptures d’approvisionnement.

Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, a souligné que les défis actuels sur les marchés pétroliers sont sans précédent, saluant une réponse collective d’une ampleur inédite. Il a rappelé que le marché du pétrole étant mondial, la réponse aux perturbations majeures doit également être mondiale, ajoutant que la sécurité énergétique constitue la mission fondatrice de l’AIE.

Les stocks d’urgence seront progressivement injectés sur le marché selon le calendrier et les conditions propres à chaque pays membre, et pourraient être complétés par d’autres mesures d’urgence prises par certains États.

Au total, les pays membres de l’AIE disposent de plus de 1,2 milliard de barils de réserves stratégiques, auxquels s’ajoutent environ 600 millions de barils détenus par l’industrie sous obligation gouvernementale. Cette libération coordonnée de stocks constitue la sixième action collective de l’histoire de l’AIE, créée en 1974. Des interventions similaires avaient déjà été décidées en 1991, 2005, 2011 et à deux reprises en 2022.

Le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février 2026, a fortement perturbé les flux pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz. Les exportations de pétrole brut et de produits raffinés y sont actuellement tombées à moins de 10 % de leur niveau d’avant le conflit, obligeant de nombreux opérateurs à réduire ou interrompre une part importante de leur production.

En 2025, environ 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers par jour transitaient par ce passage stratégique, soit près de 25 % du commerce maritime mondial de pétrole. Les alternatives pour contourner le détroit d’Ormuz restent très limitées.

Le secrétariat de l’AIE a indiqué qu’il fournira prochainement davantage de détails sur la mise en œuvre de cette action collective et qu’il continuera de surveiller étroitement l’évolution des marchés mondiaux du pétrole et du gaz, afin de formuler si nécessaire de nouvelles recommandations aux gouvernements membres.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page