L’indice FAO des prix alimentaires en hausse pour la première fois depuis cinq mois

» L’indice FAO des prix des produits alimentaires* s’est établi en moyenne à 125,3 points en février 2026, soit une hausse de 1,1 point (0,9 pour cent) par rapport à sa valeur révisée de janvier. Les hausses des indices des prix des céréales, de la viande et des huiles végétales ont plus que compensé les baisses des indices des produits laitiers et du sucre, de sorte que l’indice a augmenté pour la première fois ce mois-ci après cinq baisses mensuelles consécutives. Par rapport aux niveaux historiques, l’indice affichait 1,3 point (1,0 pour cent) de moins que sa valeur constatée un an auparavant, et pas moins de 34,9 points (21,8 pour cent) de moins que son niveau record atteint en mars 2022.
» L’indice FAO des prix des céréales a enregistré une valeur moyenne de 108,6 points en février, soit 1,1 point (1,1 pour cent) de plus qu’en janvier, mais toujours 4,0 points (3,5 pour cent) de moins que le niveau auquel il s’était établi il y a un an. Les prix mondiaux du blé ont augmenté de 1,8 pour cent en février, en raison d’informations faisant état de gelées et de risques accrus de mortalité hivernale dans certaines régions d’Europe et des États-Unis d’Amérique. Les perturbations logistiques dans la Fédération de Russie et la persistance des tensions dans la région de la mer Noire ont également contribué à cette hausse des prix. Les prix internationaux des céréales secondaires ont eux aussi augmenté, quoique plus modérément. Les prix mondiaux du maïs sont restés globalement stables, tandis que les cours de l’orge ont continué de s’affermir, portés par la demande soutenue de la Chine pour les disponibilités australiennes et l’activité des acheteurs nord-africains s’approvisionnant en Europe. Les prix du sorgho ont également augmenté, en raison d’une demande internationale vigoureuse. L’indice FAO des prix de tous les types de riz a gagné 0,4 pour cent en février, résultat qui s’explique par la demande soutenue dont font l’objet les variétés basmati et Japonica.

» L’indice FAO des prix des huiles végétales a affiché une valeur moyenne de 174,2 points en février, soit une progression de 5,6 points (3,3 pour cent) d’un mois sur l’autre, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis juin 2022. Cette hausse s’explique par l’augmentation des prix des huiles de palme, de soja et de colza, qui a plus que compensé la baisse des cours de l’huile de tournesol. Les prix internationaux de l’huile de palme ont augmenté pour le troisième mois consécutif, soutenus par une forte demande mondiale à l’importation et la baisse saisonnière de la production en Asie du Sud-Est. Les prix mondiaux de l’huile de soja se sont enchéris du fait de l’anticipation de mesures politiques favorables aux biocarburants aux États-Unis d’Amérique, tandis que les prix de l’huile de colza ont rebondi sur fond de prévisions tablant sur un accroissement de la demande à l’importation auprès du Canada. Pour leur part, les prix de l’huile de tournesol ont légèrement baissé sous l’effet d’une demande à l’importation atone, découragée par le niveau élevé des prix, et de l’augmentation des disponibilités exportables de l’Argentine, mais ils sont restés à des niveaux bien supérieurs à ceux de l’année précédente.
» L’indice FAO des prix de la viande s’est établi en moyenne à 126,2 points en février, soit une hausse de 1,0 point (0,8 pour cent) par rapport à la valeur révisée de janvier et de 9,4 points (8,0 pour cent) par rapport à son niveau un an auparavant. Cette augmentation a été tirée principalement par la hausse des prix mondiaux de la viande bovine et de la viande ovine, les cours de la viande de volaille et de la viande de porc ne s’étant appréciés que marginalement. Les prix de la viande ovine ont atteint un nouveau record, soutenus par le volume limité des disponibilités exportables de l’Océanie – principale source des exportations mondiales – dans un contexte de demande mondiale stable. Les cours de la viande bovine se sont également inscrits en hausse, stimulés par le solide intérêt des acheteurs de Chine et des États-Unis d’Amérique, qui ont soutenu les prix à l’exportation dans les principaux pays producteurs, notamment l’Australie et le Brésil. Les prix de la viande de porc ont légèrement progressé au cours du mois. La hausse des cours aux États‑Unis d’Amérique, imputable à une demande internationale vigoureuse, a été partiellement compensée par la baisse des prix à l’exportation au Brésil, qui résulte quant à elle de l’abondance de l’offre. Dans l’Union européenne, les prix se sont stabilisés, les retards accumulés dans les abattages en raison des vacances, qui avaient contribué à un net recul lors du mois précédent, ayant été en grande partie résorbés. Les prix de la viande de volaille ont légèrement augmenté, la forte demande à l’importation observée sur plusieurs marchés ayant été en partie compensée par l’abondance des disponibilités dans les principaux pays producteurs, ce qui a limité la pression à la hausse sur les prix.
» L’indice FAO des prix des produits laitiers s’est élevé en moyenne à 119,3 points en février, soit 1,4 point (1,2 pour cent) de moins qu’en janvier et 28,4 points (19,2 pour cent) de moins que son niveau enregistré il y a un an. La baisse enregistrée en février prolonge une tendance qui s’est amorcée en juillet 2025. Ce fléchissement est principalement à mettre au compte de la baisse ininterrompue des prix du fromage, en particulier dans l’Union européenne, qui s’explique par l’amélioration de la disponibilité du lait, l’affaiblissement de la demande sur les principaux marchés d’exportation et l’intensification de la concurrence internationale. En revanche, les cours internationaux du lait écrémé en poudre et du lait entier en poudre se sont notablement appréciés, soutenus par la reprise de la demande à l’importation, en particulier de la part de l’Afrique du Nord, de l’Asie du Sud-Est et du Proche-Orient, ainsi que par le ralentissement saisonnier de la croissance de l’offre de lait en Nouvelle-Zélande. Les prix mondiaux du beurre ont affiché leur première hausse mensuelle depuis leur niveau record atteint en juin 2025, portés par l’affermissement de la demande internationale et la modération des perspectives de croissance de l’offre en Océanie. Cela étant, cette augmentation a été limitée par la baisse des cours dans l’Union européenne, qui s’explique par la disponibilité élevée de la crème.» L’indice FAO des prix du sucre s’est établi en moyenne à 86,2 points en février, soit un recul de 3,7 points (4,1 pour cent) par rapport à sa valeur de janvier, et de pas moins de 32,4 points (27,3 pour cent) par rapport à son niveau d’il y a un an. Il a ainsi enregistré sa deuxième baisse mensuelle consécutive et a atteint son niveau le plus bas depuis octobre 2020. Les prévisions indiquant une offre mondiale abondante pour la saison en cours ont continué d’exercer une pression baissière sur les prix mondiaux du sucre. L’orientation globalement favorable des perspectives de production, et notamment la prévision d’une production record aux États-Unis d’Amérique, a plus que compensé la pression à la hausse sur les prix résultant de l’ajustement à la baisse des prévisions de production en Inde et du recul saisonnier de la production au Brésil..
Les premières prévisions concernant la production de blé en 2026 font entrevoir un recul potentiel, les surfaces emblavées diminuant sous l’effet de la baisse des prix

La production céréalière mondiale pour 2025 a été légèrement relevée ce mois-ci et portée à 3 029 millions de tonnes, suite à des ajustements mineurs portant essentiellement sur les estimations pour le maïs et le riz. À ce niveau, la production céréalière mondiale affiche une hausse de 5,6 pour cent en glissement annuel, renforçant ce qui était déjà un niveau record. Les révisions à la hausse récentes résultent principalement de la mise à jour des estimations du rendement du maïs au Paraguay, qui hisse les récoltes à un niveau record. En ce qui concerne le riz, la FAO a révisé à la hausse ses estimations de production pour l’Indonésie depuis février, les évaluations finales du Gouvernement faisant état d’une expansion significative des superficies cultivées, qui a porté la production indonésienne à son plus haut niveau depuis dix ans.
Les chiffres de production ont également été revus à la hausse pour la Thaïlande, cet ajustement s’expliquant par les révisions des estimations pour 2024-2025, mais aussi par le rythme des semis dans le pays, qui laisse présager une réduction moins prononcée que prévu des superficies consacrées aux cultures de contre-saison en 2025-2026. Suite à ces modifications et aux légers ajustements opérés pour divers autres pays, les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de riz pour 2025-2026 ont été relevées de 1,7 million de tonnes et portées à 563,4 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), ce qui équivaut à une hausse de 2,1 pour cent en glissement annuel et constitue un niveau record. D’après les prévisions, le Bangladesh, le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie devraient rester les moteurs de la croissance annuelle de la production au cours de cette campagne et compenser les contractions observées aux États-Unis d’Amérique, à Madagascar, au Pakistan et en Thaïlande.
L’utilisation mondiale de céréales en 2025-2026 devrait atteindre un niveau record de 2 943 millions de tonnes, soit une hausse de 5,2 millions de tonnes (0,2 pour cent) par rapport aux prévisions établies en février. Le niveau de l’utilisation de blé est légèrement relevé, mais la majeure partie de la révision à la hausse concerne les céréales secondaires. L’utilisation de maïs et d’orge dans l’alimentation animale est plus élevée que prévu, en particulier en Amérique du Sud, où l’offre est abondante. Pour l’Union européenne, les dernières prévisions officielles indiquent un ajustement à la baisse de l’utilisation de maïs dans l’alimentation animale, compensé par des révisions à la hausse de l’utilisation de blé, d’orge et de sorgho. Dans un contexte marqué par des disponibilités mondiales abondantes, qui résultent de plusieurs récoltes exceptionnelles successives, l’utilisation mondiale de riz devrait progresser à un rythme soutenu de 2,7 pour cent en 2025-2026, pour atteindre un nouveau pic de 555,5 millions de tonnes.
Les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2026 ont été relevées ce mois-ci de 4,1 millions de tonnes et portées à 940,5 millions de tonnes, ce qui maintient le rapport stocks/utilisation de céréales au niveau mondial à un niveau confortable de 31,9 pour cent. À 339,9 millions de tonnes, les stocks mondiaux de blé s’inscrivent en augmentation de 3,0 millions de tonnes (0,9 pour cent) ce mois-ci, ce qui s’explique par la révision à la hausse des chiffres pour l’Union européenne et l’Ukraine. Par rapport à leurs niveaux d’ouverture, les stocks mondiaux de blé devraient augmenter de 24,2 millions de tonnes (7,7 pour cent), une accumulation importante de stocks étant anticipée dans les principaux pays producteurs, notamment l’Argentine, la Chine, l’Inde, l’Ukraine et les pays de l’Union européenne. Les stocks mondiaux de céréales secondaires devraient eux aussi croître en 2026, dans des proportions pouvant atteindre 38,5 millions de tonnes (11,2 pour cent). Néanmoins, les prévisions relatives aux stocks d’orge ont été revues à la baisse ce mois-ci, en particulier pour l’Union européenne, où les disponibilités devraient être axées sur l’alimentation animale et les exportations. La FAO a relevé de 1,6 million de tonnes ses prévisions relatives aux stocks mondiaux de riz, qui devraient ainsi atteindre un pic de 219,3 millions de tonnes à la clôture des campagnes de commercialisation 2025‑2026. Cette révision est due principalement à la réévaluation à la hausse des réserves attendues au Bangladesh, en Indonésie et en Thaïlande, qui s’explique elle-même par l’anticipation de disponibilités plus élevées, même si, pour le Bangladesh et l’Indonésie, elle reflète également l’accroissement des réserves gouvernementales, motivé par le rythme soutenu des achats publics intérieurs. Ces corrections ont compensé les révisions à la baisse des réserves au Japon et au Nigéria.
Les dernières prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de céréales en 2025-2026 (juillet/juin) s’établissent à 501,7 millions de tonnes, ce qui marque un rebond de 17,1 millions de tonnes (3,5 pour cent) par rapport à 2024-2025 et constitue le deuxième niveau le plus élevé jamais recensé. Les prévisions pour le commerce du blé restent inchangées ce mois-ci: une augmentation par rapport à la campagne précédente de 11,9 millions de tonnes, portant les échanges à 204,8 millions de tonnes, est toujours prévue, un retour aux niveaux d’importation moyens étant attendu en Türkiye après la levée de l’interdiction d’importation qui avait limité les achats lors de la campagne précédente. Le commerce des céréales secondaires reste globalement stable ce mois-ci. Il est relevé de moins de 1,0 million de tonnes par rapport aux prévisions précédentes, en raison de légers ajustements des échanges de maïs et d’orge. Les prévisions de la FAO ayant trait au commerce international du riz en 2026 (janvier-décembre) ont peu évolué depuis février, continuant d’indiquer une baisse de 1,1 pour cent par rapport au record historique de 2025, qui porterait les échanges à 60,4 millions de tonnes.
La production de blé devrait reculer en 2026, les semis ralentissant sous l’effet du tassement des prix
Conséquence de la réduction modérée des superficies emblavées, qui s’explique par le tassement des prix agricoles et le retour prévu à des rendements moyens après les pics de l’année dernière, la production mondiale de blé devrait reculer de près de 3 pour cent pour s’établir à 810 millions de tonnes en 2026, ce qui demeure supérieur à la moyenne quinquennale.
Dans l’Union européenne, le fléchissement des prix du blé a contribué à une réduction des semis de blé d’hiver, telle qu’elle ressort des estimations. Bien que les régions orientales et septentrionales aient subi des vagues de froid, ailleurs, le temps a été majoritairement doux et favorable et devrait le rester au cours des prochains mois, augurant du maintien de rendements supérieurs à la moyenne. Néanmoins, la production totale de blé devrait diminuer modérément en 2026, tout en restant proche de la moyenne quinquennale. Au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, la désaffection à l’égard de l’orge et les conditions qui ont largement favorisé les semis laissent présager une légère augmentation de la superficie des cultures de blé. Conjuguée au redressement prévu des rendements, pénalisés par le temps sec en 2025, cette situation devrait favoriser le retour de la production vers un niveau proche de la moyenne. Dans la Fédération de Russie, les superficies totales emblavées, destinées en grande partie à la culture de blé d’hiver, devraient continuer à diminuer car les rendements comparativement plus élevés offerts par les oléagineux détournent les agriculteurs du blé.
Les sécheresses persistantes qui ont sévi dans les principales régions au cours de la période des semis ont aggravé le déclin. Aussi la production de blé devrait-elle diminuer modérément par rapport à l’année précédente. En Ukraine, la production de blé devrait rester globalement stable en glissement annuel, du fait de la relative stabilité des superficies emblavées et de perspectives de rendement qui ne laissent actuellement entrevoir aucun écart majeur par rapport aux niveaux de l’année dernière. La production de blé devrait cependant rester bien en deçà des niveaux enregistrés avant le conflit. Aux États-Unis d’Amérique, la production de blé devrait rester supérieure à la moyenne quinquennale mais s’inscrire en baisse en glissement annuel, cette tendance s’expliquant par le tassement des prix intervenu pendant la période des semis, qui a entraîné un recul des superficies ensemencées, ainsi que par l’anticipation d’une légère baisse des rendements par rapport aux niveaux élevés enregistrés l’année dernière. Au Canada, l’emblavement devrait augmenter, tiré par la hausse attendue des semis de blé tendre. Toutefois, à considérer que les rendements reviennent à des niveaux proches de la moyenne, la production de blé devrait reculer par rapport aux solides résultats de l’année dernière.
Pour l’Inde, les perspectives concernant la production de blé en 2026 sont globalement favorables, grâce aux semis records encouragés par les mesures incitatives du Gouvernement. Bien que le développement des cultures ait été partiellement perturbé par la sécheresse et les fortes températures qui ont touché certaines régions des États du nord, les perspectives globales font ressortir un volume de production proche du record historique atteint l’année dernière. Au Pakistan, les perspectives de production de blé pour 2026 sont également favorables, les principales zones de production donnant à voir un état de la végétation supérieur à la moyenne grâce à d’abondants volumes d’eau d’irrigation.
En Chine (continentale), les évaluations menées sur le terrain à la mi-février indiquent que les conditions de culture du blé sont globalement favorables, de sorte que la production devrait rester stable en glissement annuel. En ce qui concerne le Proche-Orient asiatique, le temps sec qui a sévi en début de saison et les pluies bénéfiques qui lui ont succédé laissent entrevoir des perspectives de rendement mitigées pour les cultures de blé de la République islamique d’Iran, où, par ailleurs, la hausse des coûts de production devrait entraîner une diminution des superficies emblavées. En Türkiye, en revanche, l’accroissement des superficies ensemencées et le redressement anticipé des rendements, qui avaient baissé l’année dernière en raison des conditions météorologiques, devraient favoriser une modeste augmentation de la production en 2026.
Au sud de l’équateur, la production de maïs du Brésil devrait rester supérieure à la moyenne en 2026, sous l’effet de conditions météorologiques favorables et d’une augmentation des superficies ensemencées motivée par de bonnes perspectives à l’exportation, malgré une pression à la baisse sur les prix résultant de l’abondance des disponibilités de 2025. En Argentine, la conjonction de semis de maïs supérieurs à la moyenne et de prévisions faisant état d’une pluviométrie normale pour la fin de la campagne devrait se traduire par un volume de production supérieur à la moyenne en 2026. L’Afrique du Sud devrait enregistrer une récolte record de maïs pour la deuxième année consécutive en 2026, en raison de l’abondance des semis. Cependant, la production devrait être légèrement inférieure à celle de l’année précédente du fait d’une probable contraction des rendements, affectés par l’irrégularité des conditions météorologiques dans certaines provinces..



