
Le Ministère de l’Industrie et du Commerce vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt destiné aux fédérations de protection du consommateur, dans le cadre d’un programme de soutien triennal. Objectif affiché : renforcer le mouvement consumériste national, consolider le rôle stratégique des fédérations et développer leurs capacités opérationnelles en matière d’information, d’éducation et de défense des droits des consommateurs.
Sur le papier, l’initiative semble louable. Le tissu associatif souffre depuis des années d’un manque de moyens, de professionnalisation limitée et d’une faible visibilité. Un contrat-programme sur trois ans offre une stabilité financière bienvenue, susceptible d’améliorer la qualité des actions de sensibilisation et l’expertise juridique des structures concernées.
Mais au-delà de l’intention, une question centrale s’impose : qui contrôle qui ?
A titre comparatif, le 5 février, l’Association chinoise des consommateurs a publié une analyse des plaintes traitées en 2025 par les organisations de protection des consommateurs à l’échelle nationale. Selon le rapport, ces organisations ont enregistré au total 2 016 448 plaintes de consommateurs sur l’année, soit une hausse de 14,45 % par rapport à l’année précédente. Parmi ces plaintes, 1 065 433 ont été résolues, soit 52,8 % du total, permettant de récupérer pour les consommateurs un montant total de 925 millions de yuans de pertes économiques. Par rapport à 2024, la proportion des plaintes liées à la contrefaçon, à la publicité mensongère et aux problèmes contractuels a augmenté, tandis que celles concernant le service après-vente et la qualité des produits ont reculé.
Dans le contexte marocain, la question cruciale est donc : Le financement renforce-t-il la capacité d’action des associations ou crée-t-il une dépendance structurelle ?



