Economie

Blé dur : l’abondance mondiale pèse sur les prix

La production mondiale de blé dur atteint un nouveau record en 2025-2026, pour la deuxième année consécutive. Surproduction, stocks élevés et recomposition des échanges pèsent sur les prix payés aux producteurs et modifient les équilibres du marché international.

Réunis le 6 février à La Rochelle lors de la journée filière blé dur organisée par Arvalis, les acteurs du secteur ont fait le constat d’une récolte mondiale 2025 record, résultat d’une expansion des surfaces et de rendements élevés dans de nombreuses zones de production. En conséquence, les stocks mondiaux sont très élevés.

Une production mondiale record de blé dur à 38,5 millions de tonnes

« Le marché mondial du blé dur reste sous pression après une récolte 2025 exceptionnellement élevée, la deuxième année record d’affilée, » indique Yannick Carel, ingénieur au pôle économie et systèmes de production chez Arvalis. Il précise que la production 2025-2026 est estimée à 38,5 millions de tonnes (Mt), contre 37,7 Mt en 2024-2025. Cette forte production s’explique par des surfaces élevées, à 13 millions d’hectares (Mha), soit 1 Mha de plus que la moyenne des dix dernières années, et par des rendements en hausse de 2 à 3 % à la faveur de conditions climatiques favorables.

Dans la plupart des grands pays producteurs, la récolte dépasse la moyenne des cinq dernières années, notamment chez les deux leaders, que sont l’Union européenne et le Canada, avec respectivement 9 et 7 Mt. La production française s’établit, elle, à 1,3 Mt. Yannick Carel précise qu’en Russie, la récolte est bonne, à 2 Mt, pour la deuxième année consécutive. 

La production est en croissance continue en Europe centrale (Slovaquie, Autriche, Hongrie, République tchèque) à 1,1 Mt en 2025, avec une progression fulgurante en Slovaquie, passée de 3 480 ha en 2005 à 88 000 ha en 2025. Cette zone, favorisée par le changement climatique, joue désormais un rôle croissant dans l’équilibre du marché, en compensant les replis dans les zones traditionnelles de production. À l’inverse, la Turquie enregistre un recul des rendements en 2025 (après les records de 2023 et 2024), tout comme le Mexique et le Maroc.

Des stocks mondiaux de blé dur au plus haut à 12 millions de tonnes

« La production est nettement supérieure à la consommation de 1,5 à 2 millions de tonnes, explique Yannick Carel. C’est la seconde année de suite en surproduction, ce qui ne s’était pas vu depuis 2008 et 2009. » Les stocks mondiaux de blé dur atteindraient plus de 12 millions de tonnes à fin 2026, soit le troisième plus haut niveau des vingt dernières années, alors qu’ils étaient au plus bas il y a encore deux ans. Ils sont particulièrement élevés au Canada et dans l’Union européenne. « Le marché devrait être relativement lourd dans les semaines et mois à venir et dans ce contexte, les prix payés aux producteurs sont orientés à la baisse. »

Patrick Jouannic, chargé du commerce du blé dur chez Soufflet, veut néanmoins rester positif : « On continue à produire du blé dur sur la planète, c’est bon signe. La récolte 2025 est très bonne, mais en 2026, elle le sera peut-être moins, l’Espagne, le Portugal continuent de subir de fortes pluies, la tempête Harry a récemment touché la Sicile. » Mais il ajoute aussi : « Les stocks seront toujours là et il est difficile d’entrevoir du positif quant à la hausse des cours. »

Des échanges mondiaux qui restent importants

Coté échanges, les importations de blé dur sont estimées à 8,6 Mt pour 2026, en recul par rapport aux années précédentes, tout en restant supérieures de 8 % à la moyenne quinquennale. L’Union européenne et le Maghreb réduisent leurs achats après trois années de hausse consécutives. L’Algérie se distingue par une forte baisse, portée par une bonne récolte en 2025. reussir À l’inverse, le Mexique et la Turquie deviennent importateurs nets, en raison d’une production plus faible. Dans tous les autres pays, les importations progressent fortement depuis deux ans.

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