EconomieLa Une

Baisse du chômage au Maroc : L’effet CAN 2025

Le taux de chômage est passé de 13,3% à 13% (-0,3 point). Il est passé de 6,8% à 6,6% (-0,2 point) en milieu rural et de 16,9% à 16,4% en milieu urbain (-0,5 point).

Mais derrière ce rebond apparent, la lecture sectorielle et territoriale révèle une dépendance inquiétante à l’effet conjoncturel de la CAN 2025.

Le secteur du BTP illustre parfaitement cette dynamique. Avec 64.000 postes créés, contre seulement 13.000 en 2024, soit un gain de 51.000 emplois. Il constitue le principal moteur de l’emploi. Une hausse directement liée aux chantiers de stades, infrastructures urbaines et équipements touristiques mobilisés pour la Coupe d’Afrique des Nations.

Mais ce boom reste majoritairement urbain et temporaire, cachant une fragilité structurelle majeure : le sous-emploi continue de progresser. Tous les secteurs ont enregistré une hausse du sous-emploi, mais le BTP est le plus touché (+2,1 points, de 19,6% à 21,7%),

Le taux national de sous-emploi est ainsi passé de 10,1% à 10,9%, traduisant des emplois souvent partiels, temporaires ou insuffisamment rémunérés.

Parallèlement, le secteur des services, qui est habituellement le moteur de la création d’emplois au Maroc, ralentit nettement : +123.000 postes en 2025 contre +160.000 l’année précédente. Même si certains sous-secteurs (logistique, hôtellerie, transport urbain) ont profité de l’événement, la tendance globale suggère que la CAN compense partiellement un ralentissement naturel.

L’industrie reste quant à elle stagnante (+46.000 postes), tandis que l’agriculture continue de perdre des emplois, même si les pertes sont atténuées (−41.000 postes). L’effet conjoncturel ne parvient donc pas à inverser les déséquilibres structurels, en particulier dans le monde rural.

Au final, si l’on exclut l’agriculture, l’économie nationale a généré 233.000 emplois en 2025, contre 219.000 en 2024, mettant en lumière que la hausse réelle de l’emploi hors secteur agricole laisse dégager un gain net de 14.000 emplois supplémentaires en 2025.

En clair, la CAN 2025 a certes dopé temporairement l’emploi urbain et le BTP, mais la hausse parallèle du sous-emploi souligne que de nombreux nouveaux postes restent précaires, peu rémunérés ou partiels. La baisse du chômage s’accompagne donc d’une fragilisation de la qualité de l’emploi, posant la question de la durabilité post-CAN et de la nécessité de relais structurels pour stabiliser le marché du travail.

CHIFFES Clés

  • Près de 46,4% des actifs occupés n’ont aucun diplôme
  • Environ 33% des actifs occupés travaillent plus de 48 heures par semaine
  • Plus de trois actifs occupés sur dix (31,6%) bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi
  • Au niveau national, 47% des salariés bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi
  • Plus de la moitié des salariés (54%) disposent d’un contrat formalisant leur relation avec l’employeur.
  • Jeunes âgés de 15 à 24 ans: le taux du chômage a enregistré une hausse de 0,5 point (de 36,7% à 37,2%),
  • La durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois.
  • La part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9%
  • 47,1% des chômeurs sont des chômeurs ayant déjà travaillé.

TOP 5 des régions les plus touchées par le chômage en 2025

RangRégionTaux chômage 2025 (%)
1Régions du Sud22,8
2Oriental22,1
3Fès-Meknès15,1
4Casablanca-Settat14,6
5Rabat-Salé-Kénitra12,7

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page