HCP: Le taux de chômage est passé à 13% en 2025
Entre l’année 2024 et celle de 2025, l’économie nationale a créé 193.000 postes d’emploi, résultat d’une augmentation de 203.000 postes en milieu urbain et d’une diminution de 10.000 en milieu rural, après avoir créé 82.000 postes une année auparavant.
Par type d’emploi, cette création est due à l’augmentation du volume de l’emploi rémunéré de 249.000 et à la diminution de l’emploi non rémunéré de 55.000 postes.
Le secteur des services a contribué à la création de 123.000 postes d’emploi, celui des « BTP » 64.000 postes, celui de l’ »industrie » 46.000 postes, alors que l’ »agriculture, forêt et pêche » a perdu 41.000 postes.
Avec une baisse de 17.000 personnes, dont 9.000 en milieu urbain et 8.000 en milieu rural, le volume du chômage a atteint 1.621.000 personnes au niveau national.
Le taux de chômage est ainsi passé de 13,3% à 13% au niveau national, de 16,9% à 16,4% en milieu urbain et de 6,8% à 6,6% en milieu rural. Il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%).
Le volume du sous-emploi est, de son côté, passé, durant la même période, de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural. Le taux de sous-emploi a ainsi augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural.
- I. Activité et emploi
Evolution des taux d’activité et d’emploi
Le taux d’activité a stagné, entre 2024 et 2025, à 43,5%. Par milieu de résidence, ce taux a baissé de 0,4 point en milieu rural, passant de 46,5% à 46,1% et a augmenté de 0,2 point en milieu urbain, passant de 42%à 42,2%. En outre, ce taux a connu une quasi-stagnation aussi bien parmi les hommes (de 68,6% à 68,5%) que les femmes (de 19,1% à 19%).
De son côté, le taux d’emploi est passé de 37,7% à 37,8% au niveau national. En milieu rural, il a enregistré une baisse de 0,3 point passant de 43,3% à 43% contre une hausse de 0,4 point en milieu urbain, passant de 34,9% à 35,3%. Ce taux a augmenté de 0,4 point pour les hommes (de 60,7% à 61,1%) et a baissé de 0,2 point pour les femmes (de 15,3% à 15,1%).
- Création de l’emploi, exclusivement rémunéré
Après une création de 82.000 postes d’emploi une année auparavant, l’économie nationale a créé, en 2025, 193.000 postes, résultat d’une création de 203.000 postes en milieu urbain et d’une perte de 10.000 en milieu rural.
Par type d’emploi, 249.000 postes d’emplois rémunérés ont été créés, résultat d’une création de 212.000 postes en milieu urbain et de 37.000 en milieu rural. L’emploi non rémunéré a, quant à lui, connu une baisse de 55.000 postes, due au recul de ce type d’emploi en milieu rural de 46.000 postes et de 9.000 postes en milieu urbain.
A l’exception du secteur de l’ »agriculture forêt et pêche », les autres secteurs ont connu des créations de postes d’emploi
En 2025, le secteur des « services » a créé 123.000 postes, résultat d’une création de 105.000 en milieu urbain et de 18.000 en milieu rural. Les nouveaux emplois créés au niveau de ce secteur proviennent principalement de la création de 53.000 postes par les « activités financières, d’assurance, immobilières, scientifiques, techniques, de services administratifs, de soutien » et de 46.000 postes par les « services sociaux fournies aux collectivités ».
Le secteur des BTP a créé 64.000 postes d’emploi au niveau national, suite à la création de 43.000 en milieu urbain et de 22.000 en milieu rural.
Le secteur de l’ »industrie » a créé 46.000 postes d’emploi au niveau national (40.000 en milieu urbain et 6.000 en milieu rural).
Le secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche », quant à lui, a perdu 41.000 postes d’emploi au niveau national, résultat d’une perte de 56.000 en milieu rural et d’une création de 14.000 en milieu urbain.
- II. Principales caractéristiques de la population active occupée
En 2025, sur les 10.867.000 actifs occupés, 37,5% d’entre eux résident en milieu rural et 20,3% sont de sexe féminin. Les jeunes âgés de 15 à 34 ans constituent 33,5% du volume total de l’emploi (7,7% pour les 15 à 24 ans et 25,8% pour les 25 à 34 ans). Près de 46,4% des actifs occupés n’ont aucun diplôme, 33,5% ont un diplôme moyen et 20,1% un diplôme supérieur.
Le secteur des « services » emploie 49,7% des actifs occupés, suivi de l’ »agriculture, forêt et pêche » avec 25,5%. L’ »industrie », contribue, de son côté, pour 12,8% et le secteur des BTP emploie, quant à lui, 12% des actifs occupés[2].
Près de 6 actifs occupés sur 10 en milieu rural (60,5%) exercent dans le secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche », et les deux tiers des actifs occupés citadins (66,5%) travaillent dans le secteur des « services ».
L’emploi salarial concerne plus de 6 actifs occupés sur 10 (61%). Il reste plus fréquent parmi les femmes citadines actives occupées avec 84,8% contre 67,1% parmi leurs homologues hommes. Les indépendants, quant à eux, représentent 26,2% des actifs occupés, 29,5% parmi les hommes et 13,3% parmi les femmes. Les aides familiales représentent 8,9%, avec une forte concentration chez les femmes rurales (64,8%). Le statut d’employeur représente 1,7% de l’ensemble des actifs occupés.
Selon la profession, les actifs occupés exercent principalement en tant que manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs des petits métiers (19,6%), suivis des artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux (18,6%) et des ouvriers et manœuvres agricoles et de la pêche (16,3%). Les employés, quant à eux, représentent 14,2 % de l’ensemble des actifs occupés.
Près de 9,3% des actifs occupés exercent un emploi non rémunéré, avec une proportion plus élevée chez les ruraux (21,6%) que chez les citadins (2%), et chez les femmes (24,6%) que chez les hommes (5,4%).
Près de 12,3% des actifs occupés exercent un emploi de type occasionnel ou saisonnier, 18,8% en milieu rural et 8,4% en milieu urbain.
Environ 33% des actifs occupés travaillent plus de 48 heures par semaine (34,7% parmi les citadins et 30,1% parmi les ruraux). La durée excessive de travail[3] concerne les hommes (38,1%) beaucoup plus que les femmes (12,8%).
Plus de trois actifs occupés sur dix (31,6%) bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi (43% en milieu urbain et 12,4% en milieu rural). Les actifs occupés exerçant dans l’ »industrie » enregistrent le taux de couverture médicale liée à l’emploi le plus élevé (49,4%), suivis de ceux relevant du secteur des « services » (43,5%), des BTP (13,5%) et de l’ »agriculture, forêt et pêche » (7,8%).
Au niveau national, 47% des salariés bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi ; 55% en milieu urbain et 26,1% en milieu rural ; 64,2% parmi les femmes et 42,7% parmi les hommes.
Plus de la moitié des salariés (54%) disposent d’un contrat formalisant leur relation avec l’employeur. Plus du quart (28,2%) disposent d’un contrat à durée indéterminée, 14,7% d’un contrat à durée déterminée et 11% d’un contrat verbal. Les salariés exerçant dans les « services » enregistrent le taux de contractualisation le plus élevé (67,1%), suivis de ceux relevant du secteur de l’ »industrie » (66,9%), de l’ »agriculture, forêt et pêche » (25,5%) et des BTP (23,1%).
III. Chômage et sous-emploi
Baisse du chômage
Entre 2024 et 2025, le nombre de chômeurs a reculé de 17.000 personnes, passant de 1.638.000 à 1.621.000 chômeurs, ce qui correspond à une baisse de 1%. Cette baisse est la conséquence d’une diminution de 9.000 chômeurs en milieu urbain et de 8.000 en milieu rural
Le taux de chômage est ainsi passé de 13,3% à 13% (-0,3 point). Il est passé de 6,8% à 6,6% (-0,2 point) en milieu rural et de 16,9% à 16,4% en milieu urbain (-0,5 point).
Le taux de chômage a augmenté de 1,1 point parmi les femmes, de 19,4% à 20,5% et a baissé de 0,8 point parmi les hommes, passant de 11,6% à 10,8%.
A l’exception des jeunes âgés de 15 à 24 ans, dont le taux du chômage a enregistré une hausse de 0,5 point (de 36,7% à 37,2%), les taux de chômage des autres catégories d’âge ont connu une baisse. Ainsi, le taux de chômage est passé de 21% à 20,9% (-0,1 point) parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans, de 7,6% à 7,2% (-0,4 point) pour les personnes âgées de 35 à 44 ans, et de 4% à 3,6% (-0,4 point) pour celles de 45 ans et plus.
Selon le diplôme, le taux de chômage a connu une baisse de 0,5 point parmi les diplômés, passant de 19,6% à 19,1%, et de 0,5 point parmi les personnes n’ayant aucun diplôme, passant de 5,2% à 4,7%.
Ce taux a enregistré les baisses les plus importantes parmi les titulaires de diplômes de techniciens et cadres moyens (-2,3 points avec un taux de 24%), suivis des titulaires des diplômes en qualification professionnelle (-1,9 point avec un taux de 22%).
Par ailleurs, au cours de cette période, le chômage a été marqué par la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée. La part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s’est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8%. La durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois.
D’un autre côté, 36,6% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite à l’arrêt ou à l’achèvement des études ou formation et 25,4% suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement.
Par ailleurs, 47,1% des chômeurs sont des chômeurs ayant déjà travaillé. Près de 81,3% de ces chômeurs résident en milieu urbain, plus de trois quarts sont des hommes (75,4%) et 58,1% d’entre eux sont des jeunes âgés de 15 à 34 ans. Près de trois quarts des chômeurs ayant déjà travaillé (75%) ont un diplôme ; 46% de niveau moyen et 29% de niveau supérieur.
En outre, 86,7% de ces chômeurs étaient des salariés et 12,2% des auto-employés. Près de 55,5% exerçaient dans le secteur des » services », 17,1% dans l’ » industrie » et 15,5% dans les « BTP ».
Hausse du sous-emploi
Le volume du sous-emploi est passé entre 2024 et 2025 de 1.082.000 à 1.190.000 personnes, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural. Le taux de sous-emploi a ainsi augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural.
Tous les secteurs d’activité économique ont connu une hausse du taux de sous-emploi. Le secteur des « BTP » enregistre la hausse la plus importante, avec +2,1 points (de 19,6% à 21,7%), suivi du secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche » avec +0,8 point (de 12,1% à 12,9%), du secteur de l’ »industrie » avec +0,8 point (de 6,3% à 7,1%) et du secteur des « services » avec +0,5 point (de 7,9% à 8,4%).
La population active occupée en situation de sous-emploi lié à la durée de travail, a atteint, en 2025, 617.000 personnes au niveau national contre 595.000 une année auparavant. Le taux correspondant a augmenté de 5,6% à 5,7% au niveau national, de 4,3% à 4,4% en milieu urbain et de 7,7% à 7,8% en milieu rural.
La population active occupée en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est passée, au niveau national, de 486.000 personnes en 2024 à 573.000 en 2025. Le taux correspondant a augmenté de 4,6% à 5,3% au niveau national, de 4,6% à 5,2% en milieu urbain et de 4,5% à 5,4% en milieu rural.
- IV. Situation régionale du marché du travail en 2025
Cinq régions abritent 72,3% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. La région de Casablanca-Settat vient en première position avec 22,6% d’actifs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), de Marrakech-Safi (12,9%), de Fès-Meknès (11,9%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,6%).
Quatre régions ont enregistré des taux d’activité supérieurs à la moyenne nationale (43,5%). Il s’agit des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (47,3%), du Sud (46,8%) de Casablanca-Settat (46,2%), et de Marrakech-Safi (43,6%). En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Béni Mellal-Khénifra (39,6%), de l’Oriental (40,1%), de Drâa-Tafilalet (40,1%) et de Souss-Massa (40,4%).
Par ailleurs, cinq régions concentrent 71,8% des chômeurs. La région de Casablanca-Settat vient en première position avec 25,5%, suivie de Fès-Meknès (13,8%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,1%), de l’Oriental (11%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (8,3%).
Les taux de chômage les plus élevés sont enregistrés dans les régions du Sud (22,8%), de l’Oriental (22,1%), de Fès-Meknès (15,1%) et de Casablanca-Settat (14,6%). En revanche, les régions de Marrakech-Safi, de Drâa-Tafilalet, de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, affichent les taux les plus bas, respectivement 8,1%, 8,4% et 9,4%.


