Le corridor Algésiras–Tanger Med frôle le demi-million d’unités en 2025

Le couloir de transport maritime de fret roulant entre le port d’Algésiras et Tanger Med a atteint pratiquement un demi-million d’unités en 2025, enregistrant une croissance de 5 % par rapport à l’exercice précédent, selon les données provisoires présentées par l’Autorité portuaire de la baie d’Algésiras (APBA). Le président de l’institution portuaire, Gerardo Landaluce, a qualifié ce chiffre de nouveau record dans le trafic du détroit, consolidant la position de l’enclave d’Algésiras comme nœud stratégique de la chaîne logistique intercontinentale entre l’Europe et le nord de l’Afrique.
Au total, le trafic roulier de marchandises a clôturé l’exercice avec 527 108 unités, soit une augmentation de 4,2 % par rapport à 2024. L’évolution du couloir avec Tanger Med, qui concentre la majorité de ces flux, reflète l’intensification du commerce bilatéral avec le Maroc et la consolidation de routes logistiques s’étendant au-delà du royaume chérifien.
« Le trafic du détroit est logiquement lié à Ceuta, mais surtout au Maroc. Et il ne s’agit pas seulement du Maroc, nous parlons aussi de la Mauritanie et du Sénégal », a expliqué Landaluce lors de la conférence de presse de bilan annuel. Le président de l’APBA a précisé que « certains trafics roulants parcourent tout ce trajet, puis empruntent le passage du détroit via Tanger Med et Algésiras, et vice-versa ».
Cette réalité logistique, qui connecte le port d’Algésiras aux marchés de l’Afrique subsaharienne occidentale, a motivé la décision de l’autorité portuaire d’élargir sa présence commerciale dans la région. « Cette année, du point de vue commercial, nous serons également actifs en Mauritanie et au Sénégal. Notre zone, conjointement avec la Communauté portuaire, sera présente sur ces deux marchés », a annoncé Landaluce.
Les projections de l’APBA prévoient une croissance soutenue pour les prochains exercices. Selon son président : « Le scénario que nous envisageons est d’atteindre, dans les prochaines années, 800 000 camions et remorques pour le passage du détroit ». Cette prévision représente une augmentation de plus de 50 % par rapport aux chiffres actuels et nécessitera d’adapter les infrastructures portuaires afin d’absorber le volume de trafic projeté.elestrechodigital
« Il faut être très bien préparés pour exploiter ces flux et, surtout, être un élément central de cette chaîne logistique intercontinentale entre l’Europe et l’Afrique, notamment le nord de l’Afrique », a souligné le président de l’autorité portuaire, qui a encadré la croissance du trafic roulant dans le contexte d’une logistique globale de plus en plus influencée par la géopolitique et la géoéconomie.
En matière d’infrastructures, le Plan Hércules prévoit des actions spécifiques pour renforcer la capacité opérationnelle du port dans le segment ro-ro. L’extension du quai de Galera, dont l’achèvement est prévu début 2027, intégrera deux nouvelles rampes de chargement qui augmenteront la capacité de traitement simultané des navires dédiés au transport roulant.



