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Etude: le glyphosate s’invite même dans les oliveraies au Maroc

En Espagne et au Maroc, les oliveraies intensives montrent les concentrations les plus élevées.

Une équipe de chercheurs du projet européen Soil O-Live, coordonné par l’Université de Jaén (UJA), a mis au point une méthode innovante pour détecter le glyphosate (GLY) et d’autres pesticides hautement polaires dans différents systèmes de gestion des sols des oliveraies. Ce travail, publié dans la prestigieuse revue Environmental Pollution sous le titre “Rugged LC-MS/MS method for the large-scale monitoring of glyphosate and other highly polar pesticides in soils across European Union olive orchards”, est signé par les chercheurs du Département de Chimie Physique et Analytique de la UJA, Alfonso Fernández-García, David Moreno-González, Andrés J. Rascón, Ana B. Martínez-Piernas, Bienvenida Gilbert-López, Juan F. García-Reyes, et Antonio J. Manzaneda du Département de Biologie Animale, Biologie Végétale et Écologie.

Une technique plus simple et plus fiable

Avant ce nouveau procédé développé dans le cadre du projet Soil O-Live et basé sur la LC-MS/MS, la détection du glyphosate dans le sol était très compliquée en raison de ses propriétés chimiques : haute polarité et nature ionique. La nouvelle technique permet désormais une quantification précise du glyphosate ainsi que de ses produits de dégradation, notamment l’acide aminométhylphosphonique (AMPA).

Le procédé repose sur une extraction solide-liquide, suivie d’une LC-MS/MS directe utilisant une colonne anionique polaire et évitant l’étape de dérivation chimique. Cette méthode résout de nombreux problèmes classiques tels que la passivation de la phase stationnaire, les variations du temps de rétention, la faible reproductibilité, la sensibilité instable et le faible rendement sur de grands lots d’échantillons.

Tests sur 800 échantillons de sols méditerranéens

Pour évaluer la performance de la méthode, les chercheurs ont analysé environ 800 échantillons de sols d’oliveraies méditerranéennes sous différents types de gestion : traditionnelle, intensive et biologique. Les résultats montrent que :

  • Les sols issus de systèmes intensifs et traditionnels contiennent des concentrations nettement plus élevées de pesticides que les sols biologiques, comme prévu.
  • Portugal présente les concentrations moyennes les plus élevées dans les sols traditionnels et intensifs.
  • En Espagne et au Maroc, les oliveraies intensives montrent les concentrations les plus élevées.
  • En Grèce, c’est le système traditionnel qui présente les valeurs les plus importantes.
  • De faibles traces de GLY et AMPA ont été détectées dans certains sols biologiques au Portugal, en Espagne et en Grèce, probablement en raison de la contamination par des parcelles voisines traitées.

Une contribution majeure à la science environnementale

Cette méthode constitue une apport novateur du projet Soil O-Live dans le domaine des sciences environnementales et pour la surveillance de la contamination des sols par les pesticides.

Le projet Soil O-Live

Soil O-Live vise à informer les agriculteurs sur la mise en œuvre de pratiques durables et sur l’amélioration de la santé des sols des oliveraies. Le projet réunit 15 institutions académiques, dont l’Université de Jaén (UJA), le CSIC, l’Agence Espagnole de Normalisation (UNE), ainsi que deux entreprises du secteur oléicole, dont Deoleo. Il s’inscrit dans le cadre de la Mission Soil Health and Food du programme Horizon Europe (programme-cadre de recherche et d’innovation de l’Union européenne pour 2021-2027). (EUROPA PRESS)

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