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Blé français : le Maroc, marché clé face au recul algérien et chinois

L’opérateur de terminaux d’exportation de céréales Senalia s’attend à ce que ses volumes pour la campagne 2025/2026 doublent par rapport à la saison précédente, grâce au rebond de la récolte française et à une forte demande en orge, a indiqué l’entreprise vendredi.

La France est le premier fournisseur de céréales de l’Union européenne et Rouen, sur la Seine en Normandie, constitue son principal hub d’exportation. La récolte 2024, affectée par de fortes pluies, avait réduit l’excédent exportable et laissé les terminaux portuaires partiellement à l’arrêt pendant une partie de la campagne.

La coopérative Senalia prévoit de charger 3,8 millions de tonnes métriques de céréales au cours de la saison en cours (juillet–juin), contre 1,8 million de tonnes en 2024/2025, retrouvant ainsi un niveau équivalent à celui d’il y a deux ans, a déclaré aux journalistes Alain Charvillat, responsable des exportations céréalières de Senalia.

Cette hausse anticipée inclut 1,7 million de tonnes déjà chargées sur la période juillet–décembre, a-t-il précisé.

Outre l’augmentation de l’offre issue des récoltes, l’activité à l’export a été stimulée par une forte demande en orge fourragère. Senalia devait charger prochainement une cargaison d’orge, relativement rare, à destination de l’Irak, venant s’ajouter à une diversité de marchés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, qui ont permis de compenser le ralentissement de la demande chinoise depuis l’été, a indiqué Charvillat.

« Nous sommes compétitifs sur les prix et nous disposons d’une multitude de destinations », a-t-il déclaré à propos de l’orge.

UN MARCHÉ PLUS DIFFICILE POUR LE BLÉ

Senalia traite actuellement autant d’orge que de blé, mais sur l’ensemble de la saison, le blé devrait conserver sa prédominance habituelle, avec une répartition d’environ 60 % pour le blé et 40 % pour l’orge, a-t-il ajouté.

Le contexte de marché est en revanche plus difficile pour le blé, la France étant exclue du marché algérien en raison de tensions diplomatiques, tandis que la Chine n’achète plus de blé français, a-t-il expliqué.

Le Maroc devrait rester la principale destination du blé français cette saison. Selon Charvillat, si l’Argentine intensifie la concurrence sur ce marché, les premiers retours suggèrent que la qualité meunière de la nouvelle récolte sud-américaine pourrait être moins attractive que celle du blé français.

(Reuters)

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