Élevage d’autruches à Dakhla : une activité agricole à forte valeur ajoutée et au potentiel touristique croissant
L’unité d’élevage d’autruches de Taourta, située à environ dix kilomètres au nord de la ville de Dakhla, n’est plus seulement un projet agricole à vocation productive. Elle est devenue une étape incontournable du circuit touristique de la ville, offrant à ses visiteurs une expérience unique mêlant découverte environnementale, savoir scientifique et biodiversité propre au milieu désertique.
Cette unité accueille quotidiennement des visiteurs marocains et étrangers, des professionnels, des chercheurs et des étudiants, ainsi que des personnes à la recherche de nouvelles formes de tourisme écologique et agricole, en harmonie avec les potentialités naturelles et économiques de la région de Dakhla-Oued Eddahab.
Dans une déclaration à la MAP, le superviseur de cette unité d’élevage, Hamid Belabal, a indiqué que cette ferme a été créée il y a 22 ans dans le but de réhabiliter l’élevage d’autruches et de relancer cette activité restée absente pendant des années du paysage agricole de la région, malgré la grande valeur nutritionnelle et économique de cet oiseau.
Il a précisé que l’autruche africaine se divisait historiquement en trois principales sous-espèces : à cou rouge, à cou bleu et à cou noir. Toutefois, l’espèce actuellement utilisée en élevage est l’autruche à cou noir, en raison de sa facilité d’élevage, de sa forte productivité et de sa grande capacité d’adaptation aux différentes conditions climatiques, notamment dans les zones désertiques et semi-désertiques comme la région de Dakhla-Oued Eddahab.
L’autruche atteint la maturité vers l’âge de trois ans et pond des œufs sur une période de neuf mois par an, avec une moyenne d’environ 40 œufs sur l’année, a-t-il détaillé, ajoutant que le poids de l’œuf varie entre un et deux kilogrammes, avec un taux d’éclosion élevé, ce qui confère à cette activité une réelle rentabilité économique.
Selon M. Belabal, les produits dérivés de l’autruche sont nombreux : viande, œufs, huile, cuir et plumes, ainsi que d’autres produits faisant actuellement l’objet de recherches scientifiques, tels que la cornée et le sang.
Il a également souligné que la viande d’autruche se distingue particulièrement par sa haute valeur nutritionnelle et sa faible teneur en graisses et en cholestérol, ce qui la rend, selon les spécialistes, adaptée à la prévention de plusieurs maladies.
Il a noté que l’huile d’autruche est utilisée pour traiter les rhumatismes et les douleurs articulaires, tandis que son cuir, classé parmi les meilleurs au monde en termes de résistance, est utilisé dans la fabrication de produits de luxe.
Concernant le comportement et les caractéristiques biologiques de l’autruche, M. Belabal a expliqué que cet oiseau, bien qu’incapable de voler, peut courir à une vitesse pouvant atteindre 70 km/h. Son élevage nécessite une bonne compréhension de sa nature et de ses comportements, d’autant plus qu’il peut devenir agressif en cas de manipulation inadéquate ou lorsqu’il se sent menacé.
L’autruche, a-t-il poursuivi, possède une très forte immunité contre les maladies et ne nécessite généralement pas de vaccination, ce qui réduit les coûts d’élevage et renforce l’attractivité économique de cette activité. Son régime alimentaire repose principalement sur les céréales, avec l’ajout de calcium et de petits cailloux pour faciliter la digestion et renforcer la coquille des œufs.
Au-delà de sa dimension productive, l’unité de Taourta joue un rôle croissant dans l’animation du tourisme local. Elle s’est transformée en un espace ouvert permettant de faire découvrir cet oiseau, ses comportements, ses modes d’élevage et ses produits, contribuant ainsi à diversifier l’offre touristique de la région de Dakhla-Oued Eddahab et à consolider son positionnement comme destination alliant tourisme balnéaire, culturel, écologique et agricole.
Dans ce sillage, M. Belabal a insisté sur la nécessité d’un accompagnement accru, tant sur le plan de l’investissement que sur le plan technique, afin de faire évoluer cette activité vers une filière de production intégrée à forte valeur ajoutée, capable de créer des emplois, d’élargir la base de consommation et de réduire les coûts des produits pour les rendre accessibles à un plus large public.
L’élevage d’autruches à Dakhla constitue un modèle de projets agricoles innovants, capables de s’adapter aux spécificités environnementales de la région et de contribuer à la dynamique économique et touristique qu’elle connaît, à condition de renforcer la sensibilisation à la valeur de cette activité et de la soutenir aux niveaux régional et national, a-t-il conclu.map
