Zone euro: L’activité économique ralentit, alerte sur la stagflation

L’activité économique dans la zone euro a fortement ralenti en mars en raison de l’escalade de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix de l’énergie et perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, selon une enquête publiée mardi.
L’indice flash des directeurs d’achat (PMI) de la zone euro HCOB, publié par S&P Global, un indicateur clé de la santé économique globale, a enregistré 50,5 ce mois-ci, contre 51,9 en février.
Une lecture au-dessus de 50 indique une croissance, tandis qu’une valeur en dessous de 50 signale une contraction.
« Le PMI flash de la zone euro sonne les signaux d’alerte de stagflation, la guerre au Moyen-Orient faisant fortement grimper les prix tout en étouffant la croissance », a déclaré Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence.
« Les coûts des entreprises augmentent au rythme le plus rapide depuis plus de trois ans, en raison de la hausse des prix de l’énergie et de l’asphyxie des chaînes d’approvisionnement causées par la guerre », a-t-il ajouté.
L’Union européenne a également prévenu du risque de stagflation, combinaison problématique d’inflation élevée et de croissance faible.
Les prix de l’énergie ont explosé depuis que les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre contre l’Iran, provoquant des représailles de Téhéran qui ont perturbé les livraisons de pétrole via le détroit d’Hormuz.
L’enquête a aussi révélé que les fabricants enregistrent le plus grand allongement des délais de livraison des fournisseurs depuis plus de trois ans et demi.
L’inflation dans la zone euro a atteint 1,9 % en février, mais la Banque centrale européenne (BCE) a averti que le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient ferait flamber l’inflation et pénaliserait la croissance de la zone euro.
La BCE, basée à Francfort, prévoit que l’inflation de la zone euro atteindra 2,6 % sur l’année, au-dessus de son objectif de 2 %.
La publication de l’inflation pour mars est prévue mardi prochain.
Williamson estime que la croissance pourrait ralentir à un taux trimestriel légèrement inférieur à 0,1 % en mars, et avertit que l’inflation pourrait s’accélérer jusqu’à près de 3 %.
Il ajoute que la BCE « devra adopter une politique prudente, face à un risque clair et croissant de stagflation dans les mois à venir ».



