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BAM évalue le coût de la guerre au Moyen Orient pour le Maroc

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu le mardi 17 mars sa première réunion trimestrielle de l’année
2026. Lors de cette session, il a analysé l’évolution de la conjoncture économique nationale
et internationale ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de la Banque.

Au niveau national, cette guerre ne serait pas sans conséquence à travers notamment les canaux des
comptes extérieurs et en particulier les cours de l’énergie. Selon les évaluations préliminaires de
Bank Al-Maghrib, l’impact serait relativement contenu dans le scénario retenu d’un conflit de courte
durée, mais pourrait s’avérer plus marqué dans le cas contraire. Cela étant, la forte dynamique des
secteurs non agricoles, tirée par l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales,
devrait se poursuivre et la production agricole connaitrait un rebond notable à la faveur des
conditions climatiques exceptionnelles qui ont prévalu au cours des derniers mois.

S’agissant de l’inflation, elle a évolué à des niveaux bas, en lien avec l’amélioration de l’offre de
certains produits alimentaires et le repli des prix des carburants. A moyen terme, elle devrait, après
la dissipation de ces effets et avec la hausse des cours du pétrole prévue dans le scénario central,
s’accélérer graduellement tout en restant à des niveaux modérés. Ainsi, elle ressortirait quasi stable
d’une année à l’autre à 0,8% en 2026, puis atteindrait 1,4% en 2027.

Un déficit courant sous pression

Sur le plan des comptes extérieurs, la hausse attendue des prix des matières premières devrait entraîner un creusement du déficit du compte courant, qui passerait de 2,3% du PIB en 2025 à 3,1% en 2026, avant de s’atténuer à 2,5% en 2027.

La facture énergétique devrait ainsi augmenter de 15,6% en 2026, après avoir reculé à 107,6 milliards de dirhams en 2025, avant de diminuer de 11,1% en 2027 pour s’établir à 110,5 milliards de dirhams.

Exportations industrielles en forte progression

Du côté des exportations, le secteur automobile devrait connaître un fort rebond. Après un recul de 2% en 2025, les expéditions devraient progresser de 13,7% en 2026 puis de 19,3% en 2027, pour atteindre 209,6 milliards de dirhams.

Les ventes de phosphates et dérivés devraient également poursuivre leur hausse en 2026 (+19,4%), avant de reculer de 8,7% en 2027, pour s’établir à 108,8 milliards de dirhams.

Tourisme et transferts des MRE toujours dynamiques

Les recettes touristiques devraient continuer leur progression après une année 2025 exceptionnelle. Elles sont attendues à 158,2 milliards de dirhams en 2027.

Dans le même temps, les transferts des Marocains Résidant à l’Étranger devraient se consolider pour atteindre environ 129 milliards de dirhams à cet horizon.

Les flux d’investissements directs étrangers devraient quant à eux représenter en moyenne 3,5% du PIB par an.

Des réserves de change confortables

Dans ces conditions, les réserves officielles de change devraient continuer de se renforcer pour atteindre 482,1 milliards de dirhams en 2027, soit l’équivalent de près de 5 mois et 23 jours d’importations de biens et services.

Liquidité bancaire et crédit en hausse

Sur le plan monétaire, le besoin de liquidité des banques s’est établi à 131,7 milliards de dirhams en 2025 et devrait continuer de s’accroître pour atteindre 169,4 milliards de dirhams en 2027, notamment sous l’effet de la progression de la circulation fiduciaire.

Dans ce contexte, la croissance du crédit bancaire au secteur non financier devrait accélérer, passant de 4,7% en 2025 à 6% en 2026, avant de revenir à 5,1% en 2027.

Les analyses de Bank Al‑Maghrib indiquent par ailleurs que la valeur du dirham marocain demeure globalement alignée sur les fondamentaux économiques. Le taux de change effectif devrait afficher une dépréciation nominale de 1,4% en 2026, suivie d’une légère appréciation de 0,3% en 2027.

Déficit budgétaire en baisse progressive

Du côté des finances publiques, l’année 2025 a été marquée par une progression de 15,3% des recettes ordinaires, portée par une hausse significative des recettes fiscales.

Les dépenses globales ont néanmoins augmenté de 11,8%, notamment en raison de l’augmentation des dépenses liées aux biens et services.

Dans ces conditions, le déficit budgétaire devrait poursuivre sa trajectoire de réduction, passant de 3,6% du PIB en 2025 à 3,5% en 2026, avant d’atteindre 3,4% en 2027, selon les projections de la banque centrale.

Croissance, agriculture, exportations : des perspectives solides pour l’économie marocaine

L’économie marocaine devrait connaître une amélioration notable de sa croissance au cours des prochaines années, portée notamment par une forte reprise de l’activité agricole et par la résilience des secteurs non agricoles, selon les projections de Bank Al‑Maghrib.

Une campagne agricole favorable

Les conditions climatiques particulièrement favorables enregistrées cette année devraient se traduire par une nette progression de la production agricole. La récolte des trois principales céréales est estimée à 82 millions de quintaux, sur la base d’une superficie emblavée d’environ 3,9 millions d’hectares.

Dans ce contexte, après une progression estimée à 5% en 2025, la valeur ajoutée agricole devrait enregistrer un rebond de 14,4% en 2026. Cette performance resterait toutefois conjoncturelle, la banque centrale anticipant une contraction de 5,3% en 2027, dans l’hypothèse d’un retour à une campagne céréalière moyenne.

Une croissance économique au-dessus de 5% en 2026

En parallèle, les activités non agricoles devraient continuer de bénéficier d’une dynamique soutenue, notamment grâce à l’augmentation des investissements dans les infrastructures économiques et sociales. Leur croissance devrait ainsi se maintenir autour de 4,5%.

Au total, la croissance de l’économie nationale, estimée à 4,8% en 2025, devrait atteindre 5,6% en 2026, avant de ralentir à 3,5% en 2027.


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