Mali: Maroc Télécom en crise

Mali : entre hémorragie d’abonnés et mainmise étatique, Maroc Télécom fragilisé
Le marché des télécoms au Mali connaît un tournant inédit. Entre 2024 et 2025, Maroc Télécom subit une hémorragie d’abonnés, tandis que l’État malien devient actionnaire majoritaire de sa filiale Sotelma, soulevant des questions sur l’avenir de l’opérateur privé.
Les derniers résultats de Maroc Télécom au Mali mettent en lumière une détérioration préoccupante de son parc d’abonnés, avec des conséquences directes sur ses activités et sa stratégie locale. Entre le 31 décembre 2024 et le 31 décembre 2025, l’opérateur a perdu plus d’un million d’abonnés mobiles et près de la moitié de ses abonnés fixes.
Le segment mobile, longtemps moteur de croissance, accuse une baisse de 13,2 %, passant de 8,24 millions à 7,15 millions d’abonnés. Mais c’est surtout le fixe et le haut débit fixe qui inquiètent : avec une perte de 43,6 %, le parc passe respectivement de 256 000 à 144 000 abonnés pour la téléphonie fixe, et de 116 000 à 66 000 pour le haut débit fixe.
Au Mali, la transition est désormais en marche avec un changement stratégique majeur : au 30 juin 2025, Maroc Télécom a cédé 7 % de Sotelma (filiale Moov Africa) à l’État malien, réduisant sa participation de 51 % à 44 %. Résultat : l’État détient désormais la majorité du capital, devenant le principal décideur. Cette cession a entraîné une diminution des capitaux propres du groupe de 289 millions de dirhams, compensée par les intérêts minoritaires.
»Tandis que le pacte d’actionnaires signé entre les deux principaux actionnaires, maintient le contrôle exercé par Maroc Telecom sur les activités pertinentes », assure Maroc Télécom.
L’enjeu est clair : le Mali se dirige vers une forme de “nationalisation partielle” du secteur télécom, avec un État de plus en plus présent dans les décisions stratégiques. Pour Maroc Télécom, cela pourrait signifier : rester compétitif face à la montée de l’interventionnisme étatique ou céder progressivement le contrôle au bénéfice de l’État.



