Gaza : les livraisons humanitaires chutent à moins de 10 % des besoins

Les approvisionnements humanitaires et alimentaires vers la bande de Gaza ont connu un fort recul, en raison du maintien des restrictions imposées par Israël sur les points de passage.
Depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran, Israël a intensifié sa politique de pression et de blocus sur la bande de Gaza, profitant des développements régionaux pour imposer davantage de restrictions sur la circulation aux points de passage et contrôler le flux des fournitures vitales.
Ces évolutions ont entraîné une aggravation sans précédent de la crise humanitaire et des services publics que subissent plus de 2,4 millions de Palestiniens dans l’enclave, selon le directeur général du bureau d’information gouvernemental à Gaza, le Dr Ismaïl Al-Thawabta.
Forte baisse
Al-Thawabta a déclaré au correspondant de l’agence Anadolu que les points de passage n’ont fonctionné ces derniers temps que de manière très limitée.
Seuls 640 camions sont entrés dans la bande de Gaza, sur les 6 000 camions qui auraient dû y accéder durant la période récente conformément aux accords en vigueur, soit à peine 10 % des besoins réels.
Selon lui, ce chiffre reflète un écart considérable entre les besoins humanitaires croissants dans l’enclave et le volume d’approvisionnements autorisés à entrer, ce qui place les secteurs vitaux face à de grandes difficultés pour assurer les services essentiels à la population.
Un schéma récurrent
Selon les données officielles, ces évolutions s’inscrivent dans un schéma plus large de non-respect des accords relatifs à la facilitation de l’entrée de l’aide dans la bande de Gaza.
L’armée israélienne continue par ailleurs de commettre des violations quotidiennes du cessez-le-feu depuis le 10 octobre 2025, à travers des bombardements et des tirs.
Ces attaques ont causé, depuis l’entrée en vigueur de la trêve jusqu’à lundi, la mort de 648 Palestiniens et fait 1 728 blessés, selon des sources palestiniennes.
Avec le soutien des États-Unis, Israël a lancé le 8 octobre 2023 une offensive qualifiée de génocidaire à Gaza qui a duré deux ans, faisant plus de 72 000 morts et près de 172 000 blessés palestiniens, et provoquant une destruction massive touchant 90 % des infrastructures civiles.
Un écart considérable
Les données relatives à l’entrée des camions illustrent l’ampleur du fossé entre les besoins réels et ce qui parvient effectivement dans l’enclave.
Al-Thawabta a précisé :
« Jusqu’à présent, 36 720 camions seulement sont entrés à Gaza sur les 88 800 camions qui auraient dû y accéder durant cette période, soit un taux de respect des engagements ne dépassant pas 41 % ».
Ce recul montre la persistance des difficultés dans l’acheminement des fournitures humanitaires et commerciales, notamment les produits alimentaires et les biens essentiels.
La crise du carburant s’aggrave
La crise ne concerne pas uniquement les denrées alimentaires, mais s’étend aussi aux approvisionnements énergétiques, essentiels pour le fonctionnement des infrastructures vitales dans l’enclave.
Le responsable a indiqué :
« Seuls 1 081 camions de carburant sont entrés à Gaza sur les 7 400 camions qui auraient dû être acheminés, soit 14 % des besoins réels ».
Il a ajouté que l’entrée du gaz domestique est totalement interdite, ce qui provoque une crise aiguë touchant aussi bien les usages domestiques que les services publics.
Conséquences directes
La baisse du flux des approvisionnements a eu un impact direct sur les marchés locaux dans la bande de Gaza.
Les marchés de légumes, de produits alimentaires et de produits congelés ont été fortement affectés en raison de la diminution des quantités entrant dans l’enclave.
Cette pénurie a entraîné une hausse notable des prix, alors que la population souffre déjà d’une baisse du pouvoir d’achat et d’une augmentation de la pauvreté.
Par ailleurs, la pénurie de carburant a provoqué l’arrêt ou la réduction des activités de nombreux secteurs vitaux, notamment celui de l’eau et de l’assainissement, en raison de l’arrêt de plusieurs stations de pompage et de traitement.
Les services municipaux ont également dû réduire les opérations de collecte des déchets et le fonctionnement des puits d’eau, faute de carburant pour faire fonctionner les équipements et les générateurs.
Risques réels
La crise du carburant affecte aussi le secteur de la santé, les hôpitaux et les infrastructures médicales dépendant principalement de générateurs électriques.
Le directeur du bureau d’information gouvernemental à Gaza a averti que la poursuite des restrictions sur l’entrée de l’aide et des fournitures essentielles menace la sécurité alimentaire de plus de 1,5 million de personnes dans l’enclave côtière dévastée.
Depuis le 28 février dernier, Israël et les États-Unis mènent également des attaques contre l’Iran, qui ont fait des centaines de morts, dont le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs responsables sécuritaires.
Téhéran a répliqué en lançant des missiles et des drones en direction d’Israël.
L’Iran vise également ce qu’il décrit comme des « intérêts américains » dans certains pays arabes, provoquant des morts, des blessés et des dégâts sur des infrastructures civiles, ce que les pays concernés ont condamné. AA



