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DUBAÏ: Les ultra-riches déboursent des fortunes pour fuir les missiles

Les avions semblent cloués au sol. Il est impossible de décoller depuis l’aéroport de Dubaï. Il est devenu trop dangereux de faire voler le moindre appareil. Resterait une solution: les jets privés. Toutefois, les prix s’envolent. À Mascate, les vols pour Moscou se vendraient à environ 20’000 euros par personne, notait le «Guardian».

Mais quand missiles et drones iraniens ont commencé à pleuvoir samedi au-dessus des gratte-ciels, certains ont payé des sommes astronomiques pour s’assurer une voie de sortie. Les grandes fortunes de Dubaï ont ainsi déboursé des centaines de milliers de dollars pour fuir une guerre régionale dont elles redoutent la durée.

Vers Genève, en attendant la fin de la guerre

Evrim, son époux et leurs deux jeunes enfants ont payé 200’000 dollars pour s’envoler du sultanat d’Oman voisin vers Genève, où ils comptent s’installer en attendant la fin de la guerre. La famille ne voulait pas attendre, craignant un enlisement du conflit. Pour rejoindre Mascate, ils ont conduit pendant six heures à travers le désert.

Glenn Phillips, responsable des relations publiques pour Air Charter Service, un courtier proposant des services de jets privés à l’international, indique que «la demande augmente clairement». «Nous avons déjà organisé un certain nombre de vols d’évacuation et d’autres sont prévus (…), principalement au départ de Mascate.» Selon lui, les prix s’envolent en raison du manque d’avions, beaucoup étant cloués au sol. Et les opérateurs de jets privés hésitent également à voler en raison de préoccupations sécuritaires.

«Clairement perturbé»

La demande de voitures privées pour quitter les Emirats a explosé, indique Mike D’Souza, coordinateur des opérations chez Indus Chauffeur à Dubaï, qui note que sa clientèle est principalement composée de riches occidentaux. Beaucoup rejoignent l’Arabie saoudite, où les aéroports fonctionnent encore, même si l’obtention de visas pour le royaume peut constituer un défi.

Pour les plus modestes, la fuite est ardue. Un expatrié britannique  a confié qu’il lui a été extrêmement difficile de trouver un vol commercial au départ de Mascate pour lui-même, sa femme enceinte et leur fils de trois ans. «Les prix sont extrêmement élevés et les sièges disparaissent rapidement pendant que vous essayez de réserver», explique-t-il. Ils ont finalement réussi à décrocher un vol pour la ville indienne d’Hyderabad, d’où ils s’envoleront pour la Thaïlande.

«Même si mon fils ne comprend pas ce qu’il se passe, cela l’a clairement perturbé et ma femme a également été anxieuse. Cela dit, nous aimons profondément Dubaï, que nous considérons comme notre chez-nous», témoigne-t-il. «Nous avons pleinement l’intention d’y revenir une fois que notre bébé sera né et que la situation se sera calmée», poursuit-il. Sans savoir quand.

Mésaventures d’un oligarque

Un oligarque russe a raconté ses mésaventures au «Financial Times», sous couvert d’anonymat. Il a ainsi proposé de payer le double du prix pour rentrer à Moscou. Il n’a essuyé que des refus, «aucune exception ne pouvait être faite pour le moment».

Un cadre d’un fonds spéculatif installé à Dubaï explique au quotidien financier que, jusqu’ici, personne ne s’inquiétait de s’y installer pour des raisons de sécurité. La situation actuelle pourrait inciter des entreprises comme la sienne à reconsidérer leur position. Ce qui exaspère d’autres expatriés, qui affirment que cet exode ne fait que créer une panique inutile. AFP

(vja)

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