Capital-risque : Crédit Agricole du Maroc mise 50 MDH sur un fonds technologique panafricain

Le gouvernement a autorisé, par décret publié le 19 février 2026 au Bulletin officiel, Crédit Agricole du Maroc à participer au capital du fonds d’investissement « Emerging Tech Ventures Fund II » à hauteur de 50 millions de dirhams.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des dispositions prévues par la loi n°39-89 relative au transfert d’établissements publics au secteur privé et par la loi n°82-20 portant création de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE), chargée du pilotage stratégique des participations publiques.
Un positionnement stratégique sur l’innovation
Le fonds « Emerging Tech Ventures Fund II » se positionne sur le segment du capital-risque technologique, avec une stratégie axée sur la prise de participations minoritaires en capital et quasi-capital dans des startups innovantes.
Son périmètre géographique couvre :
- le Maroc (avec un minimum de 67 % du portefeuille investi localement),
- la Tunisie,
- et les pays d’Afrique de l’Ouest francophone.
Le véhicule ciblera également les startups fondées ou cofondées par des Marocains résidant à l’étranger (MRE), renforçant ainsi les passerelles entre diaspora et écosystème entrepreneurial national.
Un effet levier de 600 MDH attendu
La gestion du fonds sera assurée par la société Emerging Tech Ventures . L’objectif global est de mobiliser près de 600 millions de dirhams auprès d’investisseurs nationaux et internationaux, faisant de cette structure un instrument financier d’envergure régionale.
La durée d’investissement est fixée à 5 ans, pour une durée de vie totale du fonds de 10 ans, un horizon classique dans l’industrie du private equity.
Une diversification pour la banque publique
Pour le Crédit Agricole du Maroc, historiquement positionné sur le financement du secteur agricole et rural, cette participation marque une diversification vers l’économie numérique et l’innovation. Elle traduit également l’évolution du rôle des établissements publics vers des logiques d’investissement stratégique, en cohérence avec la nouvelle doctrine de gestion des participations de l’État.



