
L’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) vient de lancer une étude dotée d’un budget de 2,5 millions de dirhams, pour répondre à une question banale : qui est réellement le touriste marocain et pourquoi choisit-il encore l’étranger comme l’Espagne ou la Turquie ?
Pour savoir pourquoi les Marocains voyagent-ils à l’étranger ? Ou pourquoi des destinations comme l’Espagne ou la Turquie attirent massivement les voyageurs marocains? Il suffit juste de poser la question à ChatGPT ou Gemini.
Au lieu de consacrer cet argent public à identifier et mieux comprendre le profil et les attentes des touristes étrangers (Indiens, Russes, Allemands…), l’ONMT fait le choix de retourner vers le marché national.
Mais une question s’impose : que faisait l’ONMT toutes ces années ?
L’institution est précisément censée disposer de ces données. Ce n’est ni la première feuille de route, ni la première stratégie dédiée au tourisme national. Le marché domestique a toujours été présenté comme un pilier d’équilibre. Pourquoi, alors, faut-il aujourd’hui financer une nouvelle étude pour identifier des éléments qui auraient dû être consolidés depuis longtemps ?
Le véritable enjeu n’est peut-être pas de comprendre à nouveau le touriste marocain, mais de transformer les diagnostics répétés en décisions structurelles durables.
Car au fond, le problème n’est pas l’absence d’études. Le problème pourrait être l’absence d’exécution cohérente et continue.
Reste à savoir si cette étude à 2,5 MDH débouchera sur de véritables réformes structurelles ou si elle restera un diagnostic supplémentaire. Le Maroc est-il prêt à se séduire lui-même avant de séduire le monde ?



