
L’or évolue au-dessus de 5 000 dollars l’once en février 2026, un niveau qui paraissait encore improbable il y a un an. Après une envolée d’environ 70 % en 2025, la plus forte performance annuelle depuis les années 1970, le métal jaune bénéficie d’un puissant soutien structurel : achats massifs des banques centrales (près de 850 tonnes), afflux record d’ETF au quatrième trimestre 2025 (plus de 280 tonnes) et une demande mondiale ayant dépassé pour la première fois 5 000 tonnes, pour une valeur de 555 milliards de dollars (+45 % sur un an).
Les projections techniques situent désormais un scénario central autour de 6 100 $ l’once, tandis que de grandes banques internationales visent une fourchette 6 100–6 300 $. Dans le même temps, le segment des métaux stratégiques renforce la dynamique haussière des matières premières : S&P Global anticipe un déficit de 10 millions de tonnes de cuivre d’ici 2040, avec une demande portée par l’IA et les dépenses de défense pouvant atteindre 42 millions de tonnes.
Un contexte mondial favorable aux opérateurs présents au Maroc
Dans cet environnement de prix records et de tensions sur l’offre, les sociétés minières opérant au Maroc bénéficient d’un effet de levier direct sur leurs marges et leurs flux de trésorerie. Les producteurs voient leurs bénéfices et dividendes progresser, tandis que les budgets d’exploration s’accélèrent. Pour les juniors et développeurs, chaque once confirmée dans le sous-sol vaut significativement plus qu’il y a douze mois.
Parmi les acteurs les plus exposés au Royaume figure Aya Gold & Silver , qui a dévoilé ses perspectives 2026 avec un objectif de production compris entre 6,2 et 6,8 millions d’onces équivalent argent.
Zgounder, moteur de croissance
La mine de Zgounder devrait produire entre 5,2 et 5,8 millions d’onces d’argent en 2026, avec un coût moyen de production estimé à 21,50 dollars par once. À ces niveaux de prix des métaux précieux, les marges opérationnelles pourraient rester particulièrement robustes.
Le groupe prévoit 36 millions de dollars d’investissements et consacre 60 millions de dollars supplémentaires à l’exploration, signal d’une stratégie offensive dans un cycle haussier.
Selon son PDG, Benoit La Salle, 2025 a constitué une année charnière, marquée par l’atteinte d’étapes clés en production, développement et exploration, positionnant l’entreprise pour des résultats financiers records.
Accélération de l’exploration au Maroc
Aya lance en 2026 un programme ambitieux de 230 000 mètres de forage, dont 200 000 mètres sur le projet Boumadine, avec pour objectif la conversion et l’expansion des ressources. Cette intensification traduit la volonté de capitaliser rapidement sur un environnement de marché porteur.
Avec un bilan solide et un accès au financement facilité par la hausse des prix des métaux, Aya s’inscrit dans une dynamique de création de valeur à long terme.
À l’heure où l’or redéfinit ses sommets historiques et où la transition énergétique alimente la demande en métaux stratégiques, le secteur minier marocain entre dans une phase décisive — entre opportunité de marges exceptionnelles à court terme et consolidation d’un positionnement stratégique à long terme.



