Industrie européenne sous pression chinoise : l’analyse du HCP français

Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan a publié le 9 février un rapport sur « l’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois » qui précise le poids de la concurrence chinoise pour les économies européennes.
Ainsi, un quart des exportations françaises apparaît directement menacé. Pour l’Allemagne, un tiers
des exportations et même deux tiers de la production intérieure sont directement menacés par les
concurrents chinois. Ce n’est plus le sujet d’un secteur ou d’un pays, telle la France des années 2000-
2010, fragilisée par son manque de compétitivité : avec les pays d’Europe centrale (souvent associés à
elle dans la sous-traitance), l’Allemagne est aujourd’hui la plus exposée à cette déferlante. En deux ans,
notre voisin d’outre-Rhin a ainsi perdu 240 000 emplois industriels. La menace est généralisée, systémique.
Comment l’expliquer ? Par le double effet d’une amélioration de la qualité des produits chinois, à
l’image des véhicules électriques, et de coûts durablement plus bas qu’en Europe (ou qu’aux États Unis).
Les estimations réalisées avec les industriels concernés révèlent un écart de coûts de 30 % à 40 %. Pour
le dire crûment, l’Europe risque de tomber dans le piège du »il y a moins bien mais c’est plus cher » ,
face à des coûts de production plus bas, une monnaie sous-évaluée et une qualité au moins équivalente,
du côté chinois.
Pour éviter une spirale de destruction destructrice , où des pans entiers de l’industrie européenne
s’effondreraient en quelques années, l’UE doit revoir son logiciel. La réforme des instruments actuels
de défense commerciale ne suffira pas, même en y ajoutant (et c’est nécessaire) la » préférence européenne »
dans certains domaines. Il reste deux réponses choc à préparer et à débattre au plus vite : une protection
commerciale inédite, équivalente à un droit de douane général de 30 % vis-à- vis de la Chine ; ou une
dépréciation de l’euro de 20 % à 30 % par rapport au renminbi.



