Gazoduc transsaharien : l’Algérie lance le chantier stratégique après Ramadan

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé que la construction du Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP), projet de longue date, débutera immédiatement après le mois sacré du Ramadan, marquant une étape clé pour l’un des plus grands projets d’infrastructure énergétique régionale en Afrique, a rapporté lundi l’agence officielle Algérie Presse Service.
Le TSGP est un gazoduc de 4.128 kilomètres destiné à relier les champs gaziers du sud du Nigeria à l’Algérie via le Niger, afin d’exporter du gaz vers l’Europe.
S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe à Alger avec le chef d’État nigérien Abdourahamane Tchiani, M. Tebboune a confirmé que les deux pays avaient convenu d’aller de l’avant avec la mise en œuvre du pipeline sur le territoire nigérien.
Il a précisé que la compagnie nationale Sonatrach pilotera le projet et entamera la pose du gazoduc traversant le Niger.
Des rapports antérieurs indiquent qu’une part importante des investissements sera réalisée au Niger, où environ 841 kilomètres de pipeline doivent être construits.
L’Algérie, le Nigeria et le Niger ont signé en février 2025 des accords portant sur les études de faisabilité, les mécanismes de financement et les protocoles de confidentialité afin d’accélérer l’exécution du projet.
Ce projet transfrontalier, estimé à 13 milliards de dollars, aura une capacité annuelle d’environ 30 milliards de mètres cubes de gaz. Le pipeline partira de la région de Warri, dans le sud du Nigeria, traversera le Niger pour rejoindre le hub gazier de Hassi R’Mel en Algérie, d’où il sera connecté aux routes d’exportation méditerranéennes, notamment les gazoducs TransMed, Medgaz et Maghreb-Europe.
Selon un rapport publié en mars 2025 par le média francophone TRT Français, la portion algérienne du pipeline s’étendra sur 2.300 km, celle du Nigeria sur 1.030 km, et les infrastructures de soutien dans les deux pays sont achevées à 70 %.
En mars 2025, le cabinet international de conseil énergétique basé au Royaume-Uni Penspen a été mandaté pour actualiser l’étude de faisabilité qu’il avait livrée en 2006. La nouvelle mission inclut l’analyse des marchés régionaux du gaz, les évaluations environnementales et sociales, l’analyse économique et financière, l’estimation des coûts, l’examen du cadre législatif, les consultations des parties prenantes, l’analyse des risques ainsi que l’élaboration du cahier des charges pour la phase d’ingénierie de base (FEED).
Structure de propriété
Le projet repose sur un partenariat trilatéral : la compagnie publique nigériane Nigerian National Petroleum Company (NNPC) et Sonatrach détiennent conjointement 90 % du capital, tandis que le Niger possède les 10 % restants via la société SONIDEP.
Le TSGP s’inscrit dans une dynamique plus large de projets régionaux d’infrastructures gazières visant à améliorer l’accès à l’énergie et à renforcer les corridors d’exportation.
Parmi les autres projets majeurs figurent le gazoduc Nigeria–Maroc, estimé à 25 milliards de dollars et traversant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, ainsi que le projet de pipeline Mozambique–Zambie annoncé en 2025. Anoop Menon



