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Des pays arabes dénoncent la décision d’Israël de classer des terres en Cisjordanie comme « propriété de l’État »

Des pays arabes ont condamné l’approbation, dimanche, par le gouvernement israélien d’un projet visant à enregistrer de vastes étendues de terres en Cisjordanie occupée comme « propriété de l’État ». Ils dénoncent une « violation flagrante » du droit international, une tentative d’annexion du territoire palestinien et un plan illégal destiné à priver le peuple palestinien de ses droits.

Dans un communiqué, le ministère jordanien des Affaires étrangères a affirmé que cette décision « porte atteinte au droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination, à la fin de l’occupation et à l’établissement d’un État indépendant et souverain sur les lignes du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale ».

Le ministère a également souligné qu’« Israël n’a aucune souveraineté » sur la Cisjordanie occupée.

Il a, en outre, rejeté toute décision ou tentative israélienne « d’imposer sa souveraineté et ses lois » en Cisjordanie, qualifiant ces actions de « violation manifeste du droit international et du statut juridique existant du territoire occupé ».

Par ailleurs, la Jordanie a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales et à contraindre Israël, en tant que puissance occupante, « à mettre fin à l’escalade dangereuse et aux mesures unilatérales » en Cisjordanie occupée.

« La réalisation des droits légitimes du peuple palestinien, au premier rang desquels l’établissement d’un État indépendant sur sa terre nationale, demeure la seule voie vers une paix juste et globale garantissant la sécurité et la stabilité régionales », a insisté le ministère.

Les Nations unies et la communauté internationale considèrent la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, comme un territoire occupé et estiment que les colonies israéliennes qui y sont implantées sont illégales au regard du droit international.

De son côté, le ministère qatari des Affaires étrangères a également dénoncé la décision israélienne, la qualifiant de prolongement d’un plan illégal visant à priver le peuple palestinien de ses droits. Il a souligné la nécessité d’une solidarité internationale et appelé la communauté mondiale à faire pression sur Israël afin de suspendre la mise en œuvre de cette décision pour éviter de « graves conséquences ».

Le Qatar a réaffirmé son soutien « ferme et constant » à la cause palestinienne, ainsi que son appui à la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, sur la base de la légitimité internationale et de la solution à deux États.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a, lui aussi, condamné la décision israélienne, affirmant dans un communiqué que cette mesure constitue une « violation flagrante » du droit international et du droit international humanitaire.

Selon Le Caire, cette décision compromet les perspectives d’un État palestinien viable et indépendant et affaiblit davantage les chances d’instaurer une paix juste et globale dans la région.

L’Égypte a également averti que de telles politiques représentent une escalade grave susceptible d’accentuer les tensions et l’instabilité dans les territoires palestiniens ainsi que dans l’ensemble de la région.

Plus tôt dans la journée de dimanche, le gouvernement israélien a approuvé un projet visant à enregistrer de vastes zones de la Cisjordanie occupée comme « propriété de l’État », une première mesure de ce type depuis l’occupation du territoire par Israël en 1967.

En vertu de l’Accord d’Oslo II signé en 1995, la zone A de la Cisjordanie est placée sous contrôle palestinien total, la zone B sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien, tandis que la zone C, qui représente environ 61 % de la Cisjordanie, reste sous contrôle total israélien.

Cet accord limite l’enregistrement des terres par l’Autorité palestinienne aux zones A et B, tout en l’interdisant dans la zone C.

Cette nouvelle décision s’inscrit dans une série de mesures approuvées la semaine dernière par le cabinet de sécurité israélien, visant à étendre la construction de colonies illégales et à renforcer le contrôle de Tel-Aviv sur la Cisjordanie occupée.

Selon des médias israéliens, ces mesures comprennent l’abrogation d’une loi interdisant la vente de terres en Cisjordanie à des colons israéliens illégaux, la réouverture des registres fonciers et le transfert de l’autorité en matière de permis de construire dans un bloc de colonies près d’Hébron d’une municipalité palestinienne vers l’administration civile israélienne.

Israël a intensifié ses opérations en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, depuis le lancement de sa campagne militaire à Gaza le 8 octobre 2023. Les Palestiniens considèrent cette escalade, marquée par des morts, des arrestations, des déplacements forcés et l’expansion des colonies, comme une étape vers une annexion formelle du territoire.

Dans un avis historique rendu en juillet 2024, la Cour internationale de Justice a déclaré illégale l’occupation par Israël du territoire palestinien et a appelé à l’évacuation de toutes les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. AA

Israël accorde 60 jours au Hamas pour se désarmer et menace de reprendre la guerre

Le secrétaire du gouvernement israélien, Yossi Fuchs, a déclaré lundi que son gouvernement accorderait au mouvement Hamas un délai de 60 jours pour se désarmer, menaçant de reprendre la guerre en cas de non-respect.

Selon le site « Times of Israel », Fuchs a indiqué, lors d’une conférence à Jérusalem-Ouest, que « l’administration de Donald Trump a demandé d’accorder au Hamas un délai de 60 jours pour se désarmer, et nous respectons cette demande ».

Le responsable israélien n’a pas précisé la date de début du délai, mais a évoqué la possibilité qu’il commence après la tenue du Conseil de la Paix, présidé par Trump, à Washington jeudi prochain.

Il a expliqué que le délai implique que le Hamas abandonne toutes ses armes, y compris les armes individuelles, ajoutant qu’en cas de non-application « l’armée devra achever la mission », en référence à une reprise de la guerre.

Israël a lancé le 8 octobre 2023 une guerre contre la bande de Gaza avec le soutien des États-Unis, qui a duré deux ans et fait plus de 72 000 morts palestiniens et plus de 171 000 blessés, principalement des enfants et des femmes, en plus de destructions ayant touché près de 90 % des infrastructures civiles.

La guerre s’est achevée par un accord de cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025. Toutefois, Israël a poursuivi des bombardements et des opérations de démolition dans différentes zones de la bande de Gaza, en violation répétée de l’accord.

Selon le ministère de la Santé à Gaza, ces violations ont causé, jusqu’à lundi, la mort de 603 Palestiniens et fait 1 618 blessés.

Le secrétaire du gouvernement israélien a estimé que soit le Hamas aura renoncé à ses armes avant les élections israéliennes prévues au second semestre de cette année, soit l’armée israélienne aura lancé une campagne militaire intensive à Gaza. Il a ajouté qu’« il existe de nombreux tunnels qui doivent également être détruits dans le cadre de l’opération ».

Aucune réaction immédiate du Hamas n’a été enregistrée à ces déclarations.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avait auparavant exprimé son opposition au lancement de la reconstruction de Gaza avant le désarmement du mouvement.

La question du désarmement du Hamas s’inscrit dans la deuxième phase du plan Trump, entré en vigueur à la mi-janvier dernier. Celui-ci prévoit davantage de retraits israéliens de Gaza, le lancement de la reconstruction, l’augmentation de l’aide humanitaire ainsi que le début des travaux du comité administratif chargé de gérer le territoire.

Le 16 janvier, Washington a annoncé dans un communiqué de la Maison-Blanche l’adoption des structures de gestion de la phase transitoire à Gaza : le Conseil de la Paix, le Conseil exécutif de Gaza, le Comité national d’administration de Gaza et la Force internationale de stabilisation.

Le Comité national d’administration de la bande de Gaza a commencé ses travaux depuis Le Caire à la mi-janvier, un jour après l’annonce de sa formation. Toutefois, l’entrée de ses membres dans la bande de Gaza nécessite une coordination sécuritaire et logistique via les points de passage contrôlés par Israël, sans qu’une explication officielle n’ait été fournie quant au retard de leur accès ni de commentaire israélien à ce sujet. AA


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