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Marchés émergents : le Maroc hors-jeu des sous-valorisations

Contrairement à la majorité des marchés frontières qui restent aujourd’hui sous‑valorisés, le Maroc se distingue par un positionnement plus équilibré. Selon Pictet AM, société de gestion en stratégie d’investissementn,  »la plupart des marchés frontières restent aujourd’hui sous-valorisés, à l’exception du Maroc. « Le terrain de jeu des marchés émergents est aujourd’hui extrêmement large », conclut le spécialiste, qui privilégie la dette latino-américaine et les actions asiatiques afin de « réduire l’exposition à des facteurs externes difficiles à maîtriser ».

Les actifs marocains sont jugés proches de leur juste valeur, reflétant un marché mature, structuré et suivi. Cette stabilité réduit le potentiel de gains spectaculaires à court terme, mais offre en contrepartie une moindre exposition aux corrections brutales et aux fluctuations extrêmes qui caractérisent les marchés moins développés.

Pour les investisseurs cherchant des rendements plus dynamiques, l’accent est donc mis sur d’autres zones émergentes, comme la dette latino-américaine et les actions asiatiques, tandis que le Maroc conserve sa position de marché stable et fiable dans un univers global en pleine mutation.

Les marchés émergents, une opportunité pour 2026, estime Pictet AM

Dans un contexte de faiblesse du dollar, les marchés émergents ont le vent en poupe. Le repli de la devise américaine réduit le poids des dettes libellées en billet vert et ouvre la voie à des politiques monétaires plus accommodantes. « Le niveau du dollar est en effet un point crucial pour la dynamique des marchés émergents », reconnaît Christopher Dembik. Et cela tombe bien : Pictet AM estime que la baisse du dollar pourrait se poursuivre en 2026, vers 1,25 USD pour un euro, ouvrant ainsi une fenêtre d’opportunité. « Pour l’instant, on parle uniquement de 2026, car personne ne peut connaître le niveau du dollar dans un an », ajoute-t-il.

La société de gestion surveille de près le cycle de baisse des taux dans les pays émergents. À ce titre, la banque centrale brésilienne devrait réduire ses taux dès mars, de 25 à 50 points de base, rendant le coût du capital plus attractif.
Autre signal positif : « Il y a dix ans, on aurait dit que le risque de guerre commerciale était négatif pour les émergents. Mais aujourd’hui, le commerce est largement intra-émergent et donc beaucoup plus résilient », observe le stratège.

Une dette sud-américaine attrayante

Dans ce contexte, Pictet AM considère la dette émergente comme « l’option la plus attrayante du marché obligataire », avec des rendements réels à dix ans de 10,6% au Brésil et de 9,4% en Colombie. Ces rendements se révèlent en outre moins volatils, « notamment parce que la base d’investisseurs domestiques est beaucoup plus large », souligne Christopher Dembik, qui privilégie une allocation en devise locale.

Avec près de trois milliards de dollars américains de flux en provenance de France vers les actifs brésiliens en janvier, Pictet entrevoit « l’aube d’un rallye haussier, a minima sur les actions d’Amérique latine ».

Sélectivité sur la Chine

Sur la Chine, l’approche est plus prudente. Si l’économie est sortie de la déflation côté consommation, les prix à la production continuent de peser sur les marges, en particulier dans les semi-conducteurs, où celles-ci sont passées de 14% à 0%.

A l’inverse, les plateformes technologiques ont restauré leur rentabilité, à l’image d’Alibaba ou Huawei, grâce à une forte baisse des capex et à une stricte rationalisation des coûts.

Pictet s’intéresse également à la robotique. « Les États-Unis dominent les LLM, tandis que la Chine dispose d’une véritable avance dans la robotique. L’enjeu est de capter cette dynamique en investissant au bon endroit », explique Christopher Dembik. Mais avec peu d’acteurs cotés et un private equity exposé à des risques réglementaires et politiques, le champ d’investissement reste étroit.

Dans ce contexte, la société de gestion appelle à une grande sélectivité, d’autant que le nombre de crédits devrait ralentir en 2026, témoignant d’une demande intérieure peu dynamique.

Un segment retient toutefois l’attention : le luxe local. La société Laopu Gold affiche ainsi une hausse de 135% en Bourse depuis janvier 2025. Son secret ? « Jouer sur la fibre nationaliste, innover et proposer des produits qui s’inspirent des 2 500 ans d’histoire chinoise. Cela fonctionne très bien auprès des ménages chinois et auprès d’une clientèle assez jeune. Le marché du luxe est toujours présent mais se recompose via des acteurs locaux. »zonebourse

Prudence sur l’Inde

Enfin, Pictet se montre plus réservé sur l’Inde. « Pourquoi s’y exposer sans conviction forte ? », interroge Christopher Dembik. En Asie, la préférence va plutôt au Japon, à la Chine ou à certains marchés frontières d’Asie du Sud-Est, jugés dynamiques et moins spéculatifs.

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