Vapoter : quels risques pour la santé ?

Le vapotage, souvent utilisé comme une alternative au tabac fumé, s’est progressivement installé dans le quotidien de nombreux citoyens. Dans une expertise dédiée aux risques sanitaires liés aux produits du vapotage, l’Anses identifie des risques possibles pour les vapoteurs, notamment des effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes y compris en l’absence de nicotine dans les produits. Ces risques sont liés à l’inhalation répétée de substances toxiques présentes dans le e-liquide ou qui se forment lors du vapotage. Au regard des risques identifiés, l’Anses recommande d’écarter toute action susceptible d’inciter au vapotage, en particulier envers les non-fumeurs et les jeunes. Concernant les fumeurs, le vapotage peut être envisagé uniquement comme solution transitoire pour arrêter le tabac.
Des effets sanitaires possibles à moyen et long termes
Pour rappel concernant le tabac fumé, les effets sanitaires sont à la fois graves, avérés et très documentés. Pour le vapotage, l’analyse des études scientifiques disponibles montre que le vapotage est associé à des effets sanitaires possibles à moyen et long termes. Plus précisément l’Agence conclut à :
- la survenue probable d’effets cardiovasculaires, telle que l’augmentation de la pression artérielle, lorsque les produits contiennent de la nicotine ;
- la survenue possible d’effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse, avec ou sans nicotine ;
- la survenue possible d’effets sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus exposé in utero, avec ou sans nicotine.
Les connaissances sur le vapotage n’ont pas l’antériorité de celles sur le tabac, et la distinction entre les effets spécifiques du vapotage et ceux du tabac fumé est complexe à étudier en raison des parcours d’usage, la quasi-totalité des vapoteurs adultes étant encore fumeurs ou anciens fumeurs.
Des risques liés à l’inhalation de substances toxiques
L’expertise a évalué les risques liés à certaines substances émises et inhalées lors du vapotage. L’Anses a conduit cette évaluation à partir des données disponibles sur plusieurs aldéhydes (acétaldéhyde, acroléine, formaldéhyde, furfural, glyoxal, propionaldéhyde), substances reconnues pour leurs effets toxiques, notamment cancérogènes, et toujours présentes dans les émissions des produits du vapotage.
Cette évaluation montre que l’absence de combustion n’empêche pas la présence d’aldéhydes dans les émissions du vapotage, et que l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour le vapoteur. Afin de réduire cette exposition, l’Agence :
- recommande de mieux informer les consommateurs sur les risques associés à leurs pratiques ;
- rappelle la responsabilité des fabricants sur la sécurité des dispositifs et des liquides à vapoter ;
- soutient le renforcement d’un encadrement des ingrédients, en introduisant des restrictions d’usage ou en interdisant ceux présentant un risque sanitaire.
Ecarter toute incitation à vapoter chez les non-fumeurs et les jeunes
Au regard des risques identifiés, l’Anses recommande d’écarter les actions susceptibles d’encourager à s’initier au vapotage, en particulier chez les non-fumeurs et les jeunes, et d’éviter toute forme de banalisation de la cigarette électronique. La consommation par les adolescents est largement motivée par un effet de mode et l’attrait pour certains produits de vapotage au goût fruité. La présence éventuelle de nicotine soulève quant à elle des enjeux spécifiques en termes de dépendance.
L’Agence rappelle l’importance de l’application effective des dispositions existantes interdisant la vente aux mineurs, la publicité et la promotion des produits du vapotage.
Vapoter pour arrêter de fumer : une option transitoire
Si l’Agence met en garde contre les risques liés au vapotage, la cigarette électronique peut être envisagée comme une option transitoire pour les personnes rencontrant des difficultés à arrêter de fumer. Son utilisation doit s’inscrire dans une démarche de sevrage tabagique, en usage exclusif, et en complément des dispositifs d’accompagnement existants.
L’Anses souligne de ce fait l’importance du rôle des professionnels de santé (tabacologue, médecin généraliste, infirmier, pharmacien…) auprès des fumeurs et vapoteurs et recommande de renforcer leur information et leur formation sur les produits du vapotage.



