Japon : La bourse s’envole après la victoire électorale de Takaichi

Les actions japonaises ont fortement progressé ce matin après la victoire écrasante du Premier ministre aux élections. Sanae Takaichi Les élections à la Chambre des représentants (chambre basse) se sont tenues hier, 8 février. L’enthousiasme des investisseurs a propulsé l’indice Nikkei jusqu’à 5,7 %, soit plus de 3 000 points, dépassant temporairement son record historique de clôture établi le 3 février. L’indice Topix, plus large, a progressé de 2,6 %, atteignant un nouveau sommet en séance. Les marchés ont salué la majorité des deux tiers obtenue par le Parti libéral-démocrate (PLD) de Takaichi, renforçant ainsi la capacité du gouvernement à mettre en œuvre son programme économique, axé sur une politique budgétaire « responsable et proactive », la maîtrise de l’inflation et des investissements stratégiques. Parallèlement, les rendements obligataires ont augmenté, tandis que le yen s’est d’abord déprécié avant de se redresser, soutenu par les anticipations des investisseurs quant à une intervention directe de la Banque centrale du Japon sur le marché des changes.
Le Parti libéral-démocrate (PLD) japonais, dirigé par la Première ministre Sanae Takaichi, a remporté hier, 8 février, une victoire électorale historique en obtenant la majorité des deux tiers à la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement japonais, une première dans l’histoire du pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Le PLD a raflé à lui seul 316 des 465 sièges, auxquels s’ajoutent les 36 sièges détenus par son allié, le Parti de l’innovation du Japon (Ishin). La coalition au pouvoir contrôle désormais fermement le Parlement et pourra facilement faire adopter les projets de loi de finances et autres mesures, contournant même le droit de veto de la chambre haute. Le PLD pourra également ambitionner de réviser la Constitution d’après-guerre, une première dans l’histoire du Japon – un objectif poursuivi sans succès par les conservateurs japonais pendant des décennies et rendu complexe par la rigidité du texte constitutionnel, qui exige que toute modification soit approuvée par les deux tiers de la Chambre basse, suivie d’un référendum de confirmation.
La principale force d’opposition du pays a cependant subi une défaite cuisante : l’Alliance réformiste, coalition centriste issue de la fusion du Parti démocrate constitutionnel (PDC) et du parti Komeito avant le scrutin, n’a remporté que 49 sièges, soit moins d’un tiers des 167 sièges précédemment détenus par les deux partis. Parmi les parlementaires du PDC, des figures historiques comme le fondateur du parti, Yukio Edano, et son ancien dirigeant, Ichiro Ozawa, ont été particulièrement défaites. AN



