IDE mondiaux : +14 %, mais l’Afrique perd un tiers de ses flux en 2025

L’investissement direct étranger (IDE) mondial a progressé de 14 % en 2025, pour atteindre 1,6 billion de dollars, mais cette croissance reste concentrée dans les économies développées, tandis que l’Afrique a vu ses flux chuter d’environ un tiers.
L’Égypte conserve sa position de première destination africaine pour l’IDE, attirant 11 milliards de dollars d’investissements. Cette performance se maintient malgré le ralentissement général du continent, un retour à des niveaux normaux après une année 2024 marquée par des flux exceptionnellement élevés liés à un projet unique de grande envergure.
Tendances régionales africaines
Les flux d’IDE vers l’Afrique se caractérisent par une forte volatilité et de fortes disparités régionales :
- L’Égypte, avec ses 11 milliards de dollars d’IDE, reste en tête. Les annonces de projets greenfield en Égypte et en Côte d’Ivoire ont contribué à une hausse de 5 % du nombre total de projets en Afrique, atteignant 639 projets.
- L’Angola enregistre un retour aux flux positifs avec 3 milliards de dollars, après neuf années consécutives de désinvestissements nets.
- À l’inverse, l’Afrique du Sud a connu des flux négatifs de 6 milliards de dollars, suite au désinvestissement de 7,2 milliards de dollars d’Anglo American PLC dans Valterra Platinum Ltd.
- Le Mozambique enregistre une forte croissance (+80 %) de ses flux, atteignant 6 milliards de dollars, portée par l’accélération des projets de gaz naturel liquéfié (GNL).
Évolutions sectorielles et rôle stratégique des technologies
Le paysage mondial de l’investissement en 2025 a été de plus en plus dominé par les centres de données et l’intelligence artificielle, ce qui représente un défi pour les pays à faible revenu.
- Le secteur des data centers représente un cinquième de la valeur mondiale des projets greenfield, dépassant 270 milliards de dollars, principalement dans les économies développées. Cependant, certains pays émergents, tels que l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Maroc, voient également une concentration croissante dans ces secteurs technologiques.
- À l’inverse, le financement international des infrastructures poursuit son recul pour la quatrième année consécutive, avec une baisse de 16 % en valeur.
- Le boom des projets d’énergies renouvelables semble également s’essouffler, la valeur globale chutant de 28 %.
Disparités mondiales
La hausse mondiale de 14 % est largement tirée par plus de 140 milliards de dollars circulant via des centres financiers majeurs comme le Royaume-Uni et le Luxembourg.
- Dans les économies développées, les flux d’IDE ont bondi de 43 %, pour atteindre 728 milliards de dollars.
- En revanche, les économies en développement ont enregistré une baisse de 2 %, à 877 milliards de dollars.
- Les trois quarts des pays les moins avancés (PMA) ont vu leurs flux stagner ou diminuer, confrontés à des contraintes de financement, des risques élevés et des vulnérabilités structurelles persistantes.
Perspectives pour 2026
L’UNCTAD souligne que les perspectives pour 2026 restent très incertaines.
- L’inflation en baisse et des coûts d’emprunt plus faibles pourraient soutenir une reprise du financement,
- Mais l’activité réelle des projets devrait être freinée par les tensions géopolitiques, les conflits régionaux et la fragmentation économique.
- Les dépenses en capital devraient rester concentrées sur quelques industries stratégiques, notamment les semi-conducteurs et les data centers.



