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12 enseignements tirés de la CAN 2025 au Maroc

Comme des millions de fans de football venus au Maroc pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations ici à Rabat, et des centaines de millions d’autres qui ont suivi le tournoi à travers le monde, cette édition a été exceptionnelle.

Les infrastructures footballistiques ont été tout simplement de classe mondiale. La qualité, l’efficacité et le coût des services ferroviaires sont comparables — voire supérieurs — à ceux de certains des meilleurs réseaux au monde. L’hospitalité marocaine, avant, pendant et après le tournoi, a été remarquable.

Des améliorations restent toutefois nécessaires, notamment en ce qui concerne la qualité globale de l’hôtellerie et le service client, d’autant plus en vue de la Coupe du monde 2030, qui sera organisée conjointement par le Maroc, le Portugal et l’Espagne. Je suis convaincu que le Maroc relèvera ce défi.

Voici, pour l’instant, 12 enseignements, tirés de mes observations de terrain.

1. SÉNÉGAL

Bien que compréhensiblement frustrée par un arbitrage très contestable, la décision de quitter le terrain en signe de protestation a fait courir un risque d’abandon du match et a porté atteinte à l’image mondiale du football africain. Ce fut une très mauvaise décision du sélectionneur sénégalais, qui n’a honoré ni le pays hôte, le Maroc, ni le continent africain, ni la CAF, ni la FIFA.
Heureusement, Sadio Mané a fait preuve de sang-froid et de leadership en convainquant ses coéquipiers de revenir sur le terrain et de se battre avec dignité.

2. MAROC

Avant tout événement de football sous l’égide de la CAF ou de la FIFA, le Maroc doit renforcer ses dispositifs de sécurité dans les stades afin de contenir la colère des supporters et d’éviter que des décisions défavorables à l’équipe locale ne dégénèrent en émeutes.
Il était inacceptable de voir des officiels du stade et des joueurs marocains (dont Hakimi) jeter délibérément la serviette du gardien sénégalais, indispensable pour essuyer ses gants. Le même comportement avait déjà été observé contre le Nigeria, avec en plus une insulte raciste, lorsqu’un supporter marocain avait lancé une banane au gardien nigérian Nwabali.
Ces gestes étaient immatures, inutiles et hautement provocateurs, et ont terni l’image de l’hospitalité marocaine pourtant reconnue pour sa générosité. (Sujet à approfondir ultérieurement.)

3. CAF

L’instance dirigeante du football africain doit améliorer la formation des arbitres et l’utilisation de la VAR, afin de limiter les décisions controversées lors des moments décisifs et de réduire les longues interruptions.
Dans plusieurs matchs du tournoi, le niveau de l’arbitrage était bien en deçà des standards internationaux. Des décisions ont été prises alors qu’elles n’auraient pas dû l’être, et d’autres n’ont pas été prises alors qu’elles s’imposaient.
Cela a sapé la crédibilité du tournoi et légitimé les soupçons, dans les médias et chez les supporters, de collusion en faveur de certaines équipes. Que ces accusations soient fondées ou non importe peu : la perception devient parfois la réalité.

4. FIFA

La FIFA devrait établir des protocoles internationaux clairs pour gérer les abandons de terrain, avec des sanctions immédiates contre les fédérations, entraîneurs et joueurs, afin de dissuader ce type de comportement à l’avenir.

5. SÉNÉGAL

Comme tous les pays, le Sénégal a besoin de joueurs matures et posés, à l’image de Sadio Mané, capables de désamorcer rapidement les tensions. Grâce à son leadership, une crise majeure a été évitée, le match a repris et la victoire a été assurée.

6. MAROC

Le Maroc — comme toutes les autres sélections — devrait éviter les penalties à haut risque, tels que la Panenka, dans des situations de forte pression, sauf si le tireur est mentalement prêt. La tentative trop timide de Díaz s’est révélée coûteuse.
La même approche désinvolte avait coûté au Nigeria sa demi-finale contre le Maroc, lorsque Chukwueze avait offert une opportunité décisive au gardien marocain.

7. CAF

Instaurer des limites de temps strictes pour les vérifications VAR, afin d’éviter des temps additionnels excessifs (jusqu’à 24 minutes), qui alimentent la frustration et le chaos.

8. FIFA

Promouvoir une éducation interconfédérale au fair-play, afin de combattre l’image d’un football africain perçu comme chaotique et de garantir que l’esprit sportif l’emporte sur les biais nationaux.

9. MAROC

En tant que pays hôte de la CAN, et en perspective de la Coupe du monde 2030, le Maroc doit considérer ce tournoi comme un test grandeur nature et investir dans une meilleure gestion des foules, y compris une préparation accrue des forces antiémeutes, afin d’assurer la sécurité des joueurs, officiels et supporters lors des matchs à haute tension.

10. SÉNÉGAL

Contester des penalties jugés « légers » peut se retourner contre une équipe. Le retard de 16 à 20 minutes a mis en évidence un manque de fair-play. Un autre arbitre aurait pu donner match perdu au Sénégal au profit du Maroc, ce qui aurait encore aggravé la situation.

11. CAF

Imposer des revues post-match des décisions arbitrales afin de restaurer la confiance et traiter des plaintes telles que le but sénégalais annulé avant la polémique du penalty.

12. FIFA

Surveiller et conseiller les organisateurs de tournois, notamment dans des contextes politiquement sensibles (par exemple les matchs entre rivaux historiques comme le Maroc et l’Algérie), afin d’empêcher que des facteurs externes — notamment un nationalisme exacerbé — ne dégénèrent en conflits sur le terrain. (Par Victor Oladokun) AOP

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