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PLF2025: La CGEM ignore la PME !

Les « dix commandements » de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) au titre du projet de loi de Finances de l’année 2025 viennent de tomber mal aujourd’hui. La lecture de ses propositions laisse un patron de PME sur sa faim, au moment où l’organisation patronale prétend être la voix des sans voix !

A lire ces suggestions  adressées à un gouvernement « plus patronal que le patronat », on s’aperçoit que nous sommes encore loin des vrais débats, sachant que le vote du projet de loi de Finances est souvent qualifié de « moment historique » de la vie politique et économique d’un pays.

Les qualifications des économistes fusent : « acte central pour la politique économique » ;  « symbole de souveraineté parlementaire » ;  « marques d’innovation et de réforme structurelle », etc.

Alors que la CGEM vient nous casser la tête par des meurettes   d’une étrangeté comique. Jugez-en par vous-même : « Exonérer des droits de douanes le thon entier congelé. Apporter une définition des petites entreprises à potentiel dans le CGI (Code général des impôts)… », peut-on lire.

Les PME s’attendaient à des propositions  en mesure de secouer le cocotier qui incitent les entreprises à grandir et non « à rester petites ». Les PME espéraient voir des actions en faveur de leur productivité, principal déterminant du niveau de revenu des pays.

« La productivité devrait donc être prioritaire pour favoriser la croissance économique et la création d’emplois », note le  dernier rapport de la Banque mondiale « Libérer le Potentiel du Secteur Privé Marocain : Une Analyse de la Dynamique des Entreprises et de la Productivité ».

Les rapporteurs mettent le doigt là où ça fait mal : « Les entreprises marocaines productives, dont la plupart sont des Très petites et moyennes entreprises (TPME), ont du mal à se développer à leur plein potentiel et à concurrencer les entreprises en place. Cette tendance constitue une dissuasion à l’investissement dans l’innovation et l’amélioration de la compétitivité, ce qui pourrait freiner la croissance au niveau macroéconomique ».

Avant d’enchaîner : « Les politiques devraient viser à garantir que les entreprises plus productives, y compris plus petites et plus jeunes, aient accès aux ressources nécessaires pour accroître leur production. Elles devraient également garantir que la productivité des entreprises soit valorisée par un environnement concurrentiel sain. »

Voilà où devrait en venir la CGEM si vraiment volonté il y a de renforcer le soutien aux petites et moyennes entreprises, au lieu de redorer le blason avec la reprise des Matinales de la TPE-PME

« Cette première édition de la matinale des TPE-PME a porté sur le thème du financement bancaire », note un communiqué. Sachant que le rapport de la Banque mondiale avise que  « le crédit bancaire est concentré sur les grandes entreprises et les plus anciennes, pénalisant les nouveaux entrants et les concurrents potentiels sur le marché »

C’est bien d’échanger et de discuter, mais jusqu’à quand ?

Quelques Idées saillantes du rapport de la Banque mondiale

« Cela suggère que les marchés marocains ne permettent pas aux entreprises plus productives d’accéder aux facteurs de production de manière efficiente, ce qui pourrait être dû à des lacunes de l’environnement concurrentiel du pays ».

« L’allocation des facteurs semble être plus inefficiente dans l’industrie que dans les services. Les données au niveau des entreprises montrent que la productivité du travail a diminué dans le secteur industriel, sous l’effet d’une baisse de l’efficience allocative, conjuguée à un niveau insuffisant de modernisation qui pourrait s’expliquer en partie par une baisse de la qualité moyenne du capital physique investi ou par un faible niveau d’innovation et une adoption insuffisante des nouvelles technologies« .

« Les grandes entreprises sont moins productives que leurs homologues de taille moyenne ».

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