
Alors que les morts se comptent à nouveau par centaines depuis la reprise des hostilités à Gaza, l’ONG Médecins sans Frontières dénonce à nouveau une « punition collective » infligée par Israël à la population civile. En plus des bombardements, qui font de nombreuses victimes et obligent des centaines de milliers de Gazaouis à errer dans le territoire, la population subit un blocus total, réinstauré par le gouvernement israélien il y a un mois.
« Pas un camion n’est entré dans Gaza depuis le 2 mars », raconte Claire Nicolet, coordinatrice des urgences pour la Palestine à MSF, elle-même de retour du territoire palestinien. « Ça veut dire que certaines opérations chirurgicales n’ont plus lieu. Par exemple, une personne qui devait avoir une broche dans la jambe pour une fracture, on n’est pas capable de l’opérer aujourd’hui, elle va être mal soignée. »
« On est en manque d’antalgiques pour opérer et anesthésier les patients. On est presque en rupture aussi de poches pour la banque de sang. Donc ça veut dire que petit à petit, de plus en plus de soins doivent être arrêtés », poursuit-elle.
Le blocus augmente aussi le risque de famine: « Les boulangeries sont fermés, il n’y a pratiquement plus de farine. On va voir une population affamée par manque de pain. Je ne vois pas comment les Gazaouis vont pouvoir continuer. Si les portes ne s’ouvrent pas, la population va simplement mourir de faim petit-à-petit », prévient Claire Nicolet.
Alors que les ONG dépendent de l’ouverture de ces points de passage par Israël, pour l’heure, un immense sentiment d’impuissance prédomine.
Une centaine de morts en 24 heures dans les attaques israéliennes sur Gaza
Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé jeudi que 1163 personnes avaient été tuées depuis la reprise des attaques et bombardements israéliens le 18 mars. Près d’une centaine de victimes ont été recensées au cours des dernières 24 heures.
Le bilan total depuis le début de l’attaque israélienne s’élève désormais à au moins 50’523 morts dans la bande de Gaza, en ne comptant que les victimes formellement recensées et identifiées.
Des centaines de milliers de personnes fuient les forces israéliennes qui dévastent Rafah
Des centaines de milliers de Palestiniens fuyaient jeudi le secteur de Rafah (sud), où l’armée israélienne entend s’emparer de nouveaux territoires. La prise de Rafah marque une escalade spectaculaire du conflit et pose la question de l’avenir du territoire, désormais complètement dévasté.
« Rafah est en train d’être anéantie », a déclaré un habitant contacté par l’agence de presse Reuters. Les Israéliens « détruisent les derniers bâtiments », a ajouté ce père de famille, réfugié dans la ville voisine de Khan Younès après un ordre d’évacuation de l’armée israélienne.
Benjamin Netanyahu a ordonné à ses troupes de prendre le contrôle de ce qu’il nomme le « corridor de Morag », du nom d’une ancienne colonie de peuplement juive, à l’époque de l’occupation israélienne, située entre Rafah et Khan Younès. Selon des témoins, l’axe Rafah-Khan Younès a été également coupé jeudi par une frappe israélienne. Et la circulation dans la zone côtière, près de Morag, est également rendue périlleuse par les bombardements.
Les habitants qui ont fui Rafah disent leur inquiétude pour ceux qui sont restés, notamment des agriculteurs qui tentent de sauver leurs récoltes alors qu’Israël empêche l’entrée d’aide humanitaire et de nourriture dans l’enclave. RTS