
Comment est-ce possible qu’ils se considèrent encore en dessus de la loi et que c’est le pauvre consommateur qui paye de sa poche ; pis encore, de sa santé (y’ a qu’à observer le taux de plus en plus élevé de décès par cancer)? Comment est-ce possible que les autorités sanitaires soient souvent impuissantes face aux contreventions récurrentes du lobby des grandes et moyennes surfaces (GMS)?
Le rapport annuel de la Cour des comptes au titre de l’année 2018 révèle que « les grandes et moyennes surfaces (GMS) sont souvent en infraction par rapport à la législation en vigueur en matière de sécurité sanitaire des produits alimentaires. En effet, les services de contrôle régionaux de l’ONSSA relèvent, régulièrement, de graves infractions, notamment en matière d’approvisionnement en produits alimentaires, d’information du consommateur et de gestion des produits périmés. Aussi, la plupart des enseignes de la grande distribution ne s’approvisionnent pas systématiquement auprès d’établissements agréés ou autorisés sur le plan sanitaire par l’ONSSA ».
Face à ces dépassements graves de la loi et à ce non-respect humiliant du consommateur marocain, les agents de l’ONSSA ne disposent d’aucun pouvoir pour prendre des sanctions administratives.
« Comme elles ne respectent pas toujours l’étiquetage et les conditions de mise en vente des produits, et surtout ne maitrisent pas la gestion des produits périmés. De plus, il a été constaté que plusieurs enseignes n’ont pas adhéré au processus d’agréments/autorisations de leurs entrepôts de stockage. Malgré les rappels à l’ordre par l’Office et les engagements pris par ces GMS pour se conformer aux dispositions en vigueur en matière de sécurité sanitaire des produits alimentaires, la situation n’a guère évolué puisque la Cour, à travers l’analyse des comptes rendus des contrôles effectués en2017 par les services locaux de l’ONSSA, a constaté que les infractions à la réglementation persistent », peut-on lire. Face à cette impuissance et au non-respect par les GMS de certaines dispositions législatives en matière sanitaire, les services publics ne réagissent au meilleur des cas que pour la saisie de la marchandise non conforme. Honteux !